Blog superflu

Les lectures d'une bibliothécaire

06 décembre 2009

Philippe Sauve, Horizon Dakota, Presses de la Renaissance, Esprit de voyage, 2009.

334px_Sitting_Bull   Philippe Sauve a effectué 3000 km en canoë sur le Missouri, à travers le Montana et le Dakota . Pour lui, le voyage est une thérapie qui lui permet de se débarrasser des addictions du citadin (écrans en tous genres), de combattre certains maux de la société moderne (indifférence, sédentarité). Devenir un rat des rivières pour un temps serait à son avis un bon moyen pour tout citadin de se reconnecter aux choses essentielles et de constater que la plupart du confort matériel qui nous entoure est superflu.


   Seulement sa thérapie et son cheminement intérieur ne se font pas sans mal puisque le Grand Boueux, tel qu’on surnomme le Missouri n’est pas toujours tendre avec lui : tempêtes, difficultés de navigation et même parfois paysages mornes à cause du nombre important de barrages sur le fleuve. Philipe Sauve est parfois écœuré par son propre projet et veut même abandonner.


   Mais le voyage aux États-Unis a pour lui un autre attrait : rencontrer les Amérindiens. C’est là le principal intérêt de son récit puisqu’il va notamment pénétrer dans des cérémonies secrètes et nous livrer quelques clefs pour comprendre la civilisation amérindienne. L’ethnocide dont ont été victimes les peuples indiens est évidemment largement évoqué et l’on sent toute la colère de Sauve. Il noue néanmoins de très bonnes relations également avec les Américains et fait tout au long de son voyage quelques rencontres atypiques ou chaleureuses.


Une épopée risquée sur le Missouri et une première approche intéressante des peuples amérindiens.


Philippe Sauve, Horizon Dakota : en canoë sur la rivière sacrée à la rencontre de la nation Sioux, Presses de la Renaissance, Esprit de voyage, 2009. 221 p., 16,90 €. Photographie : Sitting Bull portrait, 1885. Photograph by David Frances Barry (1854-1934).


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24 novembre 2009

David Fauquemberg, Nullarbor, Hoëbeke, Etonnants voyageurs, 2007.

nullaborPour certains, le voyage est une quête, un moyen de se rencontrer soi-même. Pour d’autres, il est une fuite en avant, une recherche extrême, sans but défini à l’avance. Pour ceux-là, il y a Nullarbor (tout est dans le nom !), un enfer terrestre tout en désolation, moiteur et solitude.

   Nullarbor est une vaste plaine de l’ouest australien, peuplée de freaks, de paumés, d’illuminés qui ont peut-être quelque chose à y gagner, beaucoup à y perdre. David Fauquemberg s’y plonge sans états d’âme, ni ambitions, si ce n’est aller toujours plus loin. La plaine traversée, le voilà embarqué pour un autre cauchemar, maritime celui-ci : désargenté, il part pour une campagne de pêche au thon qui se transforme en boucherie d’une violence irréelle et nauséeuse. Enfin, il échoue chez les Aborigènes et devient le protégé d’Augustus, ancien hippie, ancien de la guerre du Vietnam.


   Le récit entier a des allures de bad trip qui s’adoucit quelque peu au contact des « Abo ». Mais les côtoyer revient à s’affranchir de ses propres codes culturels. Les Aborigènes lisent et comprennent le paysage avec une acuité inégalable et ils sont tellement imprégnés par leur environnement que l’on atteint vite un autre degré de conscience et par là même de réalité. Le monde est nimbé d’une aura surnaturelle, étrange et déroutante, à l’image de ce récit atypique.


Une expérience hors-limite dans une Australie ancestrale et inquiétante.

David Fauquemberg, Nullarbor, Hoëbeke, Collection Etonnants voyageurs, 2007. 186 p., 18 €. Photo de couverture : DR. Couverture : Massin.

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15 novembre 2009

Hadrien Rabouin, Le journal d'Hadrien et Camomille, 1300 km à travers le France, Editions du Rocher, 2009.

hadrienJe quitte Bernard Ollivier, 70 printemps pour rejoindre Hadrien et ses 17 ans : deux voyages, deux âges de la vie, une même envie de prendre la route. Le projet d’Hadrien a été particulièrement médiatisé et peut-être avez-vous entendu parler de ce jeune homme accompagné d’une vache qui a parcouru durant l’été et l’automne 2008, 1300 km à travers les campagnes françaises.

   Marcher pour rencontrer les savoir-faire des artisans (potier, forgeron…) et collecter des noms de plantes, marcher pour éprouver la solitude et la solidarité, marcher pour se connaître au côté d’un animal de bât insolite. Hadrien est un être en formation et se pose comme tel lors de ses rencontres : « on me demande de parler, de livrer mes secrets. Mais moi, je ne suis rien. Plus tard peut-être. […] A ceux qui m’interrogent, je réponds volontiers : « Ce n’est pas à moi de parler mais à vous. Mon rôle est d’écouter. » » p. 72 Son voyage est donc initiatique mais déjà se dessinent des envies, des choix de vie : la simplicité, l’harmonie avec la nature, la réflexion. Hadrien parle peu de lui et son journal est le plus souvent factuel mais les quelquefois où il se livre sont d’autant plus touchantes. Puis la complicité avec Camomille apporte beaucoup à son récit.


  Par la marche et le dépouillement, Hadrien questionne ce qui est essentiel en nous : à chacun de poursuivre sa propre réflexion une fois le livre terminé.


Allez faire un petit tour sur le blog d'Hadrien pour voir la suite de ses voyages...sans oublier le blog de Camo, la vache la plus célèbre de France!


Hadrien Rabouin, Le journal d'Hadrien et Camomille, 1300 km à travers la France, Editions du Rocher, 2009. 196 p., 18 €. Photographie extraite du blog d'Hadrien.


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09 novembre 2009

Bernard Ollivier, Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Phébus, 2009.

   Le dépaysement et l’aventure ne sont pas seulement l’apanage des grandes expéditions à l’autre bout du monde : Bernard Ollivier qui a parcouru à pied la route de la soie (cf Longue marche, 3 tomes chez Phébus) se lance dans un périple a priori plus modeste mais au final tout aussi riche en rencontres, surprises et beautés. A 70 ans passés, le voilà fiancé au plus long fleuve de France, du Mont Gerbier-de Jonc à Nantes, pour six semaines, tout d’abord à pied puis à bord d’un canoë malicieusement baptisé « Canard ».


   Le baroudeur infatigable s’interroge sur son état et sur la vieillesse qui, bien plus que la mort, l’effraie. Cette avancée en âge l’empêchera-t-elle de dépenser sa folle énergie ? Le corps renoncera-t-il quand l’esprit est encore fougueux ? Voyager, seul de surcroît, est une façon de se mettre à l’épreuve et de ne pas laisser gagner la vieillesse. Puis, on a beau avoir 70 ans, on a encore bien à apprendre quand on n’a jamais manié la pagaie auparavant ! « De toute façon, arrivé à Nantes, tu sauras tout. » comme le dit un moniteur de kayak à Retournac !


   Pour Bernard Ollivier, le voyage se fait seul pour mieux rencontrer les autres. Voyager sur la Loire ou la route de la soie, c’est lier des amitiés, découvrir les autres et se nourrir de leur chaleur. Donner et recevoir et ce, dans un pays de sédentaires où l’on dit que l’hospitalité a disparu : les ligériens prouvent le contraire tout au long du parcours et donnent l’occasion à Bernard de croquer de jolis portraits de passionnés de pêche, de navigation, d’histoire, de vins…sans oublier les amoureux de la Loire ! Après tout, c’est bien elle la vedette de ce livre et à l’issue de cette lecture, on en sait un peu plus sur un fleuve sauvage, capricieux, changeant et majestueux.


Une belle aventure humaine rythmée par les amitiés et les eaux ligériennes.


« […] celui qui fait le voyage doit en assumer tous les choix. » p. 29

« L’aventure est dans la manière du voyage plus que dans le lieu. » p. 252

« Non, ce qui me fait chanter dans les bourrasques, c’est la joie partagée avec ces femmes et ces hommes qui en m’offrant l’hospitalité ont compris, mieux que moi sans doute, que la seule valeur qui vaille, la seule richesse qui ne sera jamais cotée en bourse car elle est inestimable, c’est la relation humaine, l’ouverture à l’autre, le partage, d’un verre de vin ou d’un morceau de pain, l’amitié offerte sans contrepartie. » p. 172


Celles et ceux qui sont montés à bord du canoë : Dominique, Cathulu, Saraswati, Le Corbeau 78.


Bernard Ollivier, Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Phébus, 2009. 265 p., 17 €.


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23 septembre 2009

Moine Jaeyeon, Kim Sehyeon, Voler!, Editions Philippe Picquier, 2009.

   Une petite pause dans une rentrée littéraire aux sujets bien sombres. Voler ! est un conte initiatique écrit par un moine coréen bouddhiste et joliment illustré à l’encre de Chine par Kim Sehyeon. A travers l’histoire d’un canard, le lecteur prend connaissance de quelques grands principes du bouddhisme.


   Pilou est un caneton qui veut réaliser son rêve : voler. Il quitte ses congénères pour partir à travers le vaste monde. Le long du chemin, il rencontre divers animaux qui chacun à leur façon le font s’interroger sur son identité et sur ses rapports avec les autres. Il apprend même auprès d’une vieille grue la méditation et l’ascétisme. Pilou s’échappe ainsi du monde matérialiste et il s’étonne de rencontrer des canards insouciants qui passent leur vie à manger, s’accoupler et dormir sans se poser de questions. Vous percevez alors à quel point notre ami le canard a développé son sens critique.


   Le texte est évidemment parsemé de pensées, d’aphorismes et de réflexions qui permettent au lecteur de réfléchir à l’unisson du palmipède. On pourra certainement reprocher une approche un peu simpliste, des situations trop schématiques mais le moine Jaeyeon et son surprenant héros ont quand même le mérite de proposer une parenthèse spirituelle dans notre monde si désespérément mercantile et consumériste. Les bouddhistes « confirmés » n’y apprendront en revanche pas grand-chose !

« Pour celui qui cherche à apprendre avec un esprit ouvert, chaque chose devient source d’enseignement. » p 47


Moine Jaeyeon, illustrations de Kim Sehyeon, Voler!, Editions Philippe Picquier, 2009. (Pe Pe the Duck). Traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel. 152 p., 16,50 €.


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09 septembre 2009

Marie-Hélène Lafon, L'annonce, Buchet Chastel, 2009.

   Souvenez-vous : dans Profils paysans : la vie moderne, Raymond Depardon filme le mariage d’Alain Rouvière, paysan lozérien avec Cécile, originaire du Nord-Pas-de-Calais, sous l’œil scrutateur et méfiant de Marcel et Raymond Privat, les oncles octogénaires. L’annonce reprend cette même situation (à deux ou trois détails près) et la développe : hommage à Depardon, coïncidence ou réalité maintes fois rencontrée chez les agriculteurs auvergnats ? Un peu de tout cela certainement.
   Ainsi, Paul, paysan du Cantal rencontre Annette de Bailleul par le biais d’une petite annonce. Tous deux ont déjà une vie derrière eux, faite de déceptions et d’échecs amoureux, une vie qu’ils veulent transformer peu à peu en quelque chose de plus doux et de plus serein. Marie-Hélène Lafon scrute cette relation naissante, cet arrangement pour éviter la solitude. Elle s’immisce avec délicatesse dans l’intimité des uns et des autres. Il en ressort une mélancolie diffuse, l’habitude de s’accommoder des déconvenues du quotidien.

   Si l’histoire se place sous le patronage de Depardon, le style lui, doit beaucoup à Pierre Michon et Pierre Bergounioux. La langue travaillée, ciselée même rappelle celle des deux Pierre et sa désuétude sied au monde qu’elle décrit. Difficile néanmoins d’égaler les maîtres. Certains passages atteignent en effet pleinement leur but : la précision des sentiments et la beauté des mots. D’autres au contraire apparaissent comme besogneux. Il n’empêche : le charme opère et l’on s’attache à ces personnages humbles qui composent un petit théâtre rural savoureux.

Un bonheur de lecture arraché à l’âpreté du monde.

Cathulu, les libraires des mots vagabonds et Aurore ont été très sensibles à cette histoire.

Marie-Hélène Lafon, L'annonce, Buchet Chastel, 2009. 195 p., 15 €.

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01 septembre 2009

Le Blogoclub : Jacques Poulin, La tournée d'automne, Actes Sud, Léméac, Babel, 1997.

La_Tourn_e_d_automne   Entre Québec et la Côte-Nord, le Chauffeur traîne son spleen dans un antique bibliobus. Il rencontre Marie, une française en tournée avec un groupe de saltimbanques et de musiciens : Marie et le Chauffeur ont  « la même taille, les mêmes cheveux gris » (p. 11), une vie derrière eux et le même amour des livres et des chats. Afin de découvrir le pays, Marie et ses compagnons décident de suivre le Chauffeur dans sa tournée. Ce nomadisme moderne créé imperceptiblement un attachement ému et serein entre le Chauffeur et Marie.

   Voici une histoire d’amour simple et tendre où les fougueux élans passionnels n’ont pas lieu d’être. A l’automne de leur vie, Marie et le Chauffeur prennent le temps de se connaître, de passer du temps ensemble sans se presser. Ils connaissent la valeur de l’instant présent et ne cherchent pas à forcer le destin. Leur relation est toute empreinte d’une douceur et d’une tendresse infinies, d’une simplicité rendue par des phrases courtes qui vont à l’essentiel.

   L’atmosphère du bibliobus et des spectacles des saltimbanques ajoutent une tonalité à la fois intimiste et magique à des moments de vie qui restent longtemps à l’esprit. Tout comme Marie et ses amis, le lecteur découvre également les paysages québécois avec le Chauffeur pour guide. 

Une belle histoire d’amour dont la simplicité pourra néanmoins sembler fade à certains lecteurs.

« Les livres sont comme les chats, on ne peut pas toujours les garder. » (p.123)

Pour d'autres avis, allez faire un tour sur le blog de Sylire qui centralise les participants du Blogoclub.

Par ailleurs, bonne rentrée à tous (sous un ciel pluvieux en région parisienne...), particulièrement à Aurélilélé qui entame aujourd'hui même un IUT Métiers du livre! Espérons que les cours lui laisseront un peu de temps pour continuer son blog ;D

Jacques Poulin, La tournée d'automne, Actes Sud, Léméac, Babel, 1997. 192 p., 6,50 €.


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24 août 2009

Edward Abbey, Le feu sur la montagne, Gallmeister, Noire, 2008.

Le_feu_sur_la_montagne___couvb   John Vogelin est un dur à cuire : vieux rancher du Nouveau-Mexique, il a passé toute sa vie sur une terre désertique et inhospitalière. Mais pour lui, ce désert peuplé de cougars et de coyotes est le paradis sur terre et rien ni personne ne pourra l’en chasser. Ainsi, lorsque l’Armée décide de l’exproprier pour y installer un champ de tir de missiles (nous sommes dans les années soixante et la Guerre Froide est à son plus fort), le vieux Vogelin, têtu comme une mule, s’accroche à sa terre et refuse de partir. Son petit-fils, Billy, présent pour les vacances d’été, l’admire et l’épaule dans son combat désespéré.

   Si le  rapport de force entre le pouvoir américain et le vieil homme amoureux du désert et de la solitude constitue le cœur du récit, Abbey n’en néglige pour autant pas le portrait d’un homme, certes entêté, mais admirable d’intégrité. Droit dans ses bottes, le rancher ne cède pas un pouce de terrain ; son côté bourru cache évidemment une sensibilité qui s’exprime dans les rapports qu’il entretient avec son petit-fils.

   Vogelin agit certes par intérêt personnel mais son attitude symbolise la vision critique d’un pays matérialiste qui néglige la splendeur de ses grands espaces. D’où, bien évidemment, de magnifiques descriptions de paysages lors des chevauchées à travers le désert. Une profonde sérénité émane de ces passages et la relation apaisée entre les hommes et la nature est considérée comme un art de vivre.

Une ode sans concession à la nature et à l’engagement : salutaire, encore (surtout?) de nos jours…

Edward Abbey, Le feu sur la montagne, Gallmeister, Noire, 2008. (Fire on the Mountain). Traduit de l'anglais par Jacques Mailhos. Première parution américaine : 1962. 211 p., 22 €.


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29 avril 2009

Kenneth Cook, Le koala tueur, Autrement, Littératures, 2009.

kkoala   J’ai lu coup sur coup deux livres qui m’ont beaucoup fait rire. : Le koala tueur de Kenneth Cook et Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain Levison. Ajoutés au « Retour à la terre » de Larcenet, voilà un triplé gagnant qui m’a détendu les zygomatiques !
   Le premier a été glané chez Cathe qui mettait en avant justement l’aspect comique de ce koala tueur. Ces courtes histoires seraient donc toutes arrivées « en vrai » à Kenneth Cook, écrivain australien et arpenteur du bush, mais il se serait refusé à les intégrer dans ses romans de peur qu’elles ne paraissent trop invraisembles ! Vrai ou pas, qu’importe ! Comme on dit en Italie : « se non è vero, è bene trovato » (« Si ce n’est pas vrai en tous cas, c’est bien trouvé »).

  Cook est ami avec une ribambelle de scientifiques et autres naturalistes pour qui comptent uniquement l’observation d’un crocodile rugissant ou la survie des espèces en voie de disparition, au détriment de la sécurité élémentaire des humains. Le voilà donc régulièrement embarqué dans des expéditions de sauvetage de koalas agressifs, ou d’observation de copulations reptiliennes. Cook compte également parmi ses connaissances d’aimables aborigènes arnaqueurs, des montreurs de serpents mortellement venimeux ou des mineurs alcooliques : chaque rencontre est l’occasion d’une (més)aventure  la plupart du temps hilarante.
   Cook a en effet un talent indéniable de conteur et sous ses airs bougons, une grande tendresse pour les humains et les sales bestioles qu’il décrit.

Une virée savoureuse et désopilante au pays des chameaux à l'haleine fétide et des cochons furieux! 

Kenneth Cook, Le koala tueur et autres histoires du bush, Autrement, Littératures, 2008.  Traduit de l'anglais par Mireille Vignol. 154 p., 15 €.

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27 avril 2009

Jean-Yves Ferri, Manu Larcenet, Le retour à la terre, T5, Les révolutions, 2008.

   Est-il encore utile aujourd’hui de parler sur un blog du Retour à la terre et de cette « méga-star de la BD » qu’est Larcenet ? Beaucoup de lecteurs suivent assidument cette série qui a même paru en strip dans un journal gratuit et il n’y a plus à défendre les qualités certaines de cette BD. Mais bon, je ne résiste pas au plaisir d’écrire un petit billet vu que ce cinquième tome s’avère être un excellent cru !

   C’est la révolution aux Ravenelles : les élections municipales approchent, un hypermarché Krashdiscount veut s’implanter dans la région, Mariette a repris des études à la fac et Larssinet se questionne sur son identité et à toujours du mal à rendre ses planches à temps…J’oubliais que Speed, le chat, doit apprendre à reconnaître les bénéfices incommensurables d’une chatière (bénéfices pour le chat ou pour son maître ???)

   Ce tome « révolutionnaire » est particulièrement savoureux et hilarant. Larssinet paraît dépassé par les événements et observe le monde autour de lui qui change : le maire est une crapule prête à toutes les pressions pour se faire élire, l’épicier devient (presque…) gauchiste altermondialiste en lutte pour le petit commerce et Mariette semble indifférente aux affres dans lesquelles est plongé notre pauvre dessinateur-papa au foyer. La part belle est ainsi faite aux personnages secondaires déjà présents dans les autres tomes mais qui prennent ici une épaisseur nouvelle. Larcenet (ou Larssinet ? on ne sait plus !) excelle à brocarder les mœurs campagnardes avec un humour qui fait mouche.

Pour un moment assuré de bonne humeur, allez faire un tour aux Ravenelles !

Jean-Yves Ferri (scénario), Manu Larcenet (dessins), Le retour à  la terre, Tome 5, Les révolutions, Dargaud, Poisson-Pilote, 2008. 48 p., 10,40 €.


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