25 novembre 2009
Michael Palin, Le tour du monde en 80 jours par un Monty Python, Hoëbeke, Etonnants voyageurs, 2009.
Faire le tour du monde en compagnie de Phileas Fogg
promet de belles aventures ; quand on remplace Fogg par un Mython Python,
l’aventure promet en plus d’être piquante et« so british » !
En
1988, Michael Palin, accompagné d’une équipe de la BBC qui joue le rôle de
Passepartout, met ses pas dans ceux du héros de Jules Verne pour un tour du
monde oublieux de la modernité et de ses avions. Ce tour du monde est un
hommage permanent aux trains et aux bateaux puisque Palin y passe la majeure
partie de son temps. Et on sait bien qu’on ne voyage pas de la même façon en
restant à fleur de globe terrestre que dans les airs.
Les bateaux offrent par
exemple un double dépaysement : Palin et Passepartout traversent ainsi l’Océan
Indien à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est principalement slave. L’art
du décalage permanent !
L’humour caustique est évidemment au rendez-vous
mais également l’ouverture d’esprit, la tendresse même, envers les personnes
rencontrées. On s’amuse aussi de son sens de l’observation aiguisée.
Curieusement, Palin compare nombre de pays extrêmement lointains à sa chère
Angleterre : on apprendra entre autres que les boutiques mal éclairées du
Shanghai des années 80 rappellent celles du Sheffield des années 50 !
N’hésitez pas à partir au loin avec un Monty Python : non, il ne vous giflera pas avec un poisson mais au contraire il vous mènera de sa belle plume dans un voyage échevelé et fort sympathique.
Michael Palin, Le tour du monde en 80 jours par un Monty Python, Hoëbeke, Collection étonnants voyageurs, 2009. (Around The World in 80 Days). Traduit de l'anglais par Béatrice Vierne. 331 p., 22,50 €.
Photos de couverture : John Hryniuk/Sygma/Corbis. Michael Palin. Angela Elbourne. Couverture : Atelier Didier Thimonier.
16 novembre 2009
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Le Dilettante, 2009.
1949. Henri Calet quitte son Paris familier pour
l’Italie : un ami l’y invite comme journaliste à un congrès sur le
méthane. Padoue, Venise, Rome : autant de noms sur-référencés, autant de
villes sur lesquelles tout ou presque a été écrit. N’oublions pas en effet que
le voyage en Italie était une étape incontournable pour la formation de l’artiste
français, un certain Stendhal immortalisant même cette overdose culturelle.
Calet,
lui, absorbé par ses congrès gazeux, jette un regard oblique sur le pays et
fait surgir une autre Italie, peut-être moins éternelle mais plus quotidienne. Les
courses de lévriers plutôt que la chapelle Sixtine, les Vespas menaçantes
plutôt que la magnificence du passé. De toutes façons, ce voyageur distrait se
promène toujours de nuit : « Le Grand Canal dans les ténèbres n’a
plus aucun secret pour moi. » p.99.
Il est fatigué également par sa propre
présence et n’arrive pas à s’en échapper : « Ce qui rend les voyages
à peu près inutiles, c’est que l’on se déplace toujours avec soi, avec les
mêmes pensées, le même passé, les mêmes ennuis, le même tour d’esprit, les mêmes
appréciations sur les choses et les gens. Où que l’on se trouve, on n’est
jamais seul. » p.184
Le lecteur se trouve bien heureux pour sa part de sillonner nuitamment l’Italie en compagnie d’Henri Calet : nonchalant, anecdotique et chargé de regret, voilà son voyage personnel !
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Journal de voyage, Le Dilettante, 2009. Première parution chez Gallimard en 1950. 186 p., 17 €. Couverture : Atelier Civard.
19 octobre 2009
Elif Shafak, Lait noir, Phébus, Littérature étrangère, 2009.
Elif Shafak, après être devenue maman pour la première
fois, a vécu dix mois au côté de Lord Poton, le djinn de la dépression
post-partum. Suite à cette douloureuse expérience, Elif Shafak essaie de
comprendre sa mélancolie avec ses propres moyens : l’écriture et l’imagination.
Ainsi, Lait noir est tout d’abord une
autobiographie centrée sur ces moments particuliers où la jeune auteure s’interroge
sur son désir d’enfant, sur la possibilité ou non de concilier maternité et
écriture et sur sa dépression. Autobiographie plaisante où le lecteur fait
connaissance avec Elif par le biais de son « Chœur de voix intérieures » :
un cortège de six femmes miniatures qui représentent chacune un aspect de la
personnalité de l’auteure. Les conflits entre les petites femmes sont cocasses
et traduisent avec humour les contradictions d’Elif : comment vivre avec
le caractère affirmé de Miss Ego Ambition, comment être heureuse avec la manie
de tout analyser de Miss Cynique Intello et comment faire que ces deux là
supportent Maman gâteau et son côté exagérément maternel ?
A l’expérience personnelle
de l’écrivain turque s’ajoute une réflexion plus générale sur le statut des
femmes écrivains : l’écriture et la création semblent en effet
difficilement compatibles avec la maternité, surtout lorsque le père laisse
toute la responsabilité de l’enfant à la mère ! Elle évoque donc en autres
Virginia Woolf, Sylvia Plath, Zelda Fitzgerald et de nombreuses auteures
turques qui dessinent chacune un rapport singulier à la maternité et à l’écriture.
Un texte sincère, écrit dans une belle langue riche de métaphores, pour tous ceux qui s’intéressent aux processus de création et qui donne envie de découvrir les romans d’Elif Shafak traduits en français : La bâtarde d’Istanbul et Bonbon palace.
Amanda, après quelques réticences, ne regrette vraiment pas de l'avoir lu! Bookomaton a bien aimé, un coup de coeur pour Sylvie de Passion des livres, idem pour une autre Sylvie, celle de Sylvie-lectures.
Elif Shafak, Lait noir, Phébus, Littérature étrangère, 2009. Traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy. 352 p., 22 €.
15 octobre 2009
Jacques A. Bertrand, Les autres, c'est rien que des sales types, Julliard, 2009.
Retrouver les portraits de Jacques A. Bertrand est
toujours un plaisir jubilatoire. Après les bestioles peu aimées des humains,
voici réunis quelques spécimens qui empoisonnent la vie de l’honnête homme
(lui-même plutôt misanthrope…) : le Con, le Jeune, le Commerçant, le
Touriste, le Végétarien, l'Imbécile heureux et tutti quanti.
Jacques A. Bertrand observe les
animaux comme les humains avec une précision de naturaliste qui classe,
définit, et compare les étranges phénomènes qu’offre l’humanité. On ricane car,
bien sûr, on reconnaît ses proches (amis ou ennemis !) et surtout on se
reconnaît soi-même !
Erudits et vachards, ces « caractères » contemporains se dégustent comme du petit-lait : on en redemande !
D'autres lectrices conquises : Cathe, Cathulu.
Jacques A. Bertrand, Les autres, c'est rien que des sales types, Julliard, 2009. 134 p., 15 €.
31 août 2009
Daniel Kehlmann, Les arpenteurs du monde, Actes Sud, Lettres allemandes, 2007.
Peut-on
faire sourire, voire rire en racontant la destinée de scientifiques allemands
du 18 ème siècle ? Non, évidemment, est-on tenté de répondre. Daniel
Kehlmann, lui ne le voit pas de cet œil : ses arpenteurs du monde relèvent
brillamment le défi de divertir avec un
matériau a priori pas très amusant. Ainsi, il mêle les biographies d’Alexander
Von Humboldt et de Carl Friedrich Gauss en un récit digne des meilleurs livres
d’aventures de notre enfance.
Von Humboldt (1769-1859) est un naturaliste
explorateur qui a parcouru une partie de l’Amérique. Il a notamment confirmé
l’existence du canal naturel de Cassiquiare reliant l’Orénoque et l’Amazone.
Gauss (1777-1855) a une vie a priori moins palpitante puisqu’il est mathématicien et
physicien.
Seulement, Kehlmann transforme ces deux scientifiques en de
véritables figures romanesques : le premier parcoure le globe, obsédé par
les mesures (dès qu’il voit une montagne, il l’escalade afin de déterminer sa
position géographique, sa hauteur, afin d’herboriser et d’éventuellement récupérer
les pauvres bêtes qui passent par là !) et flanqué d’un médecin français
Aimé Bonpland, qui souffre des aléas du voyage. Bonpland et Von Humboldt forment
d’ailleurs un couple désopilant qui rappelle les meilleurs duos du cinéma
burlesque.
Le second est un génie trop en avance sur son temps qui s’étonne du
manque de vivacité intellectuelle de ses contemporains, d'où un caractère particulièrement irascible. Gauss est ainsi
plongé toute sa vie dans une insondable mélancolie que seules les mathématiques
peuvent apaiser.
Le burlesque s’immisce dans toutes leurs relations sociales :
en effet, l’un est inadapté à son temps et l’autre en contact permanent avec
l’inconnu, ce qui provoque le plus souvent des situations comiques. Les arpenteurs du monde s’interroge également
sur le statut des scientifiques dans une société donnée et sur les rapports
qu’ils entretiennent avec les pouvoirs.
Au final, Kehlmann signe un roman étonnant, plein de vitalité mais régulièrement traversé par de sourdes poussées mélancoliques. Réjouissant!
Merci à Pierre pour ce beau cadeau! Kathel et Zarline ont beaucoup aimé également.
Daniel Kehlmann, Les arpenteurs du monde, Actes Sud, Lettres allemandes, 2007. (Die Vermessung der Welt). Traduit de l'allemand par Juliette Aubert. 298 p., 21 €. Existe en poche chez Babel, 8,50 €.
15 août 2009
Paul Vacca, Nueva Königsberg, Philippe Rey, 2009.
Nueva
Königsberg au Paraguay abrite une communauté qui vit à la manière de Kant
jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Seulement, une question
de grande importance compromet l’équilibre de la communauté : quelle doit
être son positionnement par rapport au sexe, sachant que Kant aurait vécu toute
sa vie dans la chasteté ? En 1946, le philosophe Jean-Baptiste Botul est
appelé à la rescousse pour trouver une solution. Il est accompagné de Sébastien,
un jeune zazou moqueur face à ces individus qu’il prend pour des timbrés. Jusqu’à
sa rencontre avec Sofia, l’institutrice de Nueva Königsberg…
Paul Vacca aborde
cette situation pour le moins inédite et surprenante avec une loufoquerie et un
amusement qui font plaisir à voir. Puis, rapidement, l’argument philosophique
et les questionnements passent au second plan pour s’incarner plus simplement
dans une idylle entre Sofia et Sébastien. J’imagine que Vacca n’a pas voulu
alourdir son propos et reste ainsi toujours dans une interrogation très
accessible : il est vrai que je m’attendais à un récit plus profondément
philosophique. Finalement, à l’image des jeux de mots qui parsèment le texte et
qui sont au départ amusants, puis deviennent un peu lassants, cette histoire
kantienne n’est qu’un prétexte à la description classique d’un amour contrarié
qui finit par triompher.
J’ai tout de même pris du plaisir à le lire, mais en tant que lecture légère, et non en tant que roman philosophique.
Vacca est très aimé par la blogosphère et de nombreux billets ont été publiés au sujet de Nueva Königsberg : Joël et Laurence de Mots à mots, Clarabel, Cathe, Amanda, Lily, Sylire, Keisha, Yv,...
Paul Vacca, Nueva Königsberg, Philippe Rey, 2009. 209 p., 17 €.
29 juin 2009
Helene Hanff, 84, Charing Cross Road, Autrement, Littératures, 2001.
Voici un livre déjà bien repéré par les amoureux des livres et des librairies (la quatrième de couv’ assure même que c’est un « livre culte » !) Ma première surprise en le découvrant est de voir qu’il s’agit d’un échange épistolaire entre deux personnes réelles et non d’une fiction.
Helene Hanff est une scénariste américaine. Après-guerre, elle décide de se constituer
une solide culture classique mais les librairies new-yorkaises ne lui
conviennent pas. Elle répond alors à la petite annonce de Marks and Co,
vénérable librairie sise au 84, Charing Cross Road, London. S’ensuit une
correspondance entre Helene l’américaine et Frank, l’un des libraires
londoniens qui durera de 1949 aux années 60 ! Leurs courriers soulignent
avec malice les différences culturelles entre les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne : ils ont beau parler la même langue, leur rapport à
l’autre est bien différent. Helene est rigolote, exubérante et très directe
quand Frank conserve en toutes circonstances sa réserve, sa sobriété et son
flegme.
Evidemment, comme leur correspondance porte sur les livres, les
lettres sont truffées d’allusions et de références à la culture anglo-saxonne
classique que de nécessaires notes en bas de pages viennent éclairer.
Une touchante histoire d’amitié, pleine d’humour et d’érudition, entre deux amoureux des livres.
Helene Hanff, 84, Charing Cross Road, Autrement, Littératures, 2001. 113 p., 12,20 €. Existe en Livre de Poche à 5,50 €.
29 avril 2009
Kenneth Cook, Le koala tueur, Autrement, Littératures, 2009.
J’ai lu coup
sur coup deux livres qui m’ont beaucoup fait rire. : Le koala tueur de Kenneth Cook et Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain Levison (billet à venir!). Ajoutés au « Retour à
la terre » de Larcenet, voilà un triplé gagnant qui m’a détendu les
zygomatiques !
Le premier a été glané chez Cathe qui mettait en avant
justement l’aspect comique de ce koala tueur. Ces courtes histoires seraient
donc toutes arrivées « en vrai » à Kenneth Cook, écrivain australien
et arpenteur du bush, mais il se serait refusé à les intégrer dans ses romans
de peur qu’elles ne paraissent trop invraisembles ! Vrai ou pas, qu’importe !
Comme on dit en Italie : « se non è vero, è bene trovato » (« Si
ce n’est pas vrai en tous cas, c’est bien trouvé »).
Cook est ami avec une
ribambelle de scientifiques et autres naturalistes pour qui comptent uniquement
l’observation d’un crocodile rugissant ou la survie des espèces en voie de
disparition, au détriment de la sécurité élémentaire des humains. Le voilà donc
régulièrement embarqué dans des expéditions de sauvetage de koalas agressifs, ou
d’observation de copulations reptiliennes. Cook compte également parmi ses
connaissances d’aimables aborigènes arnaqueurs, des montreurs de serpents mortellement
venimeux ou des mineurs alcooliques : chaque rencontre est l’occasion d’une
(més)aventure la plupart du temps
hilarante.
Cook a en effet un talent indéniable de conteur et sous ses airs
bougons, une grande tendresse pour les humains et les sales bestioles qu’il
décrit.
Une virée savoureuse et désopilante au pays des chameaux à l'haleine fétide et des cochons furieux!
Kenneth Cook, Le koala tueur et autres histoires du bush, Autrement, Littératures, 2008. Traduit de l'anglais par Mireille Vignol. 154 p., 15 €.
27 avril 2009
Jean-Yves Ferri, Manu Larcenet, Le retour à la terre, T5, Les révolutions, 2008.
Est-il encore
utile aujourd’hui de parler sur un blog du Retour à la terre et de cette
« méga-star de la BD » qu’est Larcenet ? Beaucoup de lecteurs
suivent assidument cette série qui a même paru en strip dans un journal gratuit
et il n’y a plus à défendre les qualités certaines de cette BD. Mais bon, je ne
résiste pas au plaisir d’écrire un petit billet vu que ce cinquième tome
s’avère être un excellent cru !
C’est la révolution aux Ravenelles :
les élections municipales approchent, un hypermarché Krashdiscount veut
s’implanter dans la région, Mariette a repris des études à la fac et Larssinet
se questionne sur son identité et à toujours du mal à rendre ses planches
à temps…J’oubliais que Speed, le chat, doit apprendre à reconnaître les
bénéfices incommensurables d’une chatière (bénéfices pour le chat ou pour son
maître ???)
Ce tome « révolutionnaire » est particulièrement savoureux
et hilarant. Larssinet paraît dépassé par les événements et observe le monde
autour de lui qui change : le maire est une crapule prête à toutes les pressions
pour se faire élire, l’épicier devient (presque…) gauchiste altermondialiste en
lutte pour le petit commerce et Mariette semble indifférente aux affres dans
lesquelles est plongé notre pauvre dessinateur-papa au foyer. La part belle est
ainsi faite aux personnages secondaires déjà présents dans les autres tomes
mais qui prennent ici une épaisseur nouvelle. Larcenet (ou Larssinet ? on
ne sait plus !) excelle à brocarder les mœurs campagnardes avec un humour
qui fait mouche.
Pour un moment assuré de bonne humeur, allez faire un tour aux Ravenelles !
Jean-Yves Ferri (scénario), Manu Larcenet (dessins), Le retour à la terre, Tome 5, Les révolutions, Dargaud, Poisson-Pilote, 2008. 48 p., 10,40 €.
13 avril 2009
Pascal Garnier, Lune captive dans un oeil mort, Zulma, 2009.
Bienvenue aux Conviviales! Résidence ultra-sécurisée,
maisons en toc et identiques à perte de vue, soleil cuisant toute l'année,
ennui assuré!
Dans cette résidence où les enfants, les étrangers et les chats sont malvenus,
Martiale et Odette viennent d'emménager pour y couler une retraite heureuse
dans une atmosphère de vacances éternelles. Viennent ensuite un autre couple et
une femme seule (Tiens, c'est dérangeant, ça, une femme seule! Veuve? Célibataire?).
D'apéros dinatoires sympas en excursions touristiques, les résidents se
découvrent et se jaugent. Peu à peu, imperceptiblement, l'atmosphère
s'alourdit. Insidieusement, les sourires forcés deviennent encore plus crispés
et lorsque les masques tombent, une violence stupéfiante se déchaîne.
Tous ces
retraités ont beau se laisser prendre aux pièges du jeunisme, pas de doute, les
voilà bien tombés dans les travers ancestraux des communautés repliées sur
elles-mêmes et coupées de l’extérieur : espionnages, ragots, haine de l’étranger,
individualisme forcené. Ou comment notre cerveau primitif, « reptilien »,
reste toujours présent malgré la civilisation…La montée en tension est
admirablement maîtrisée et captive le lecteur.
Une parabole politique, une observation sans concession des mœurs humaines et un humour cynique implacable : on rit jaune, mais on rit beaucoup !
Aurélilélé est la première à m'avoir donné envie de le lire, puis Jeanjean de Moisson Noire, et Cathe ont confirmé mon envie!
Pascal Garnier, Lune captive dans un oeil mort, Zulma, Littérature française, 2009. 156 p., 16, 50€.
