16 novembre 2009
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Le Dilettante, 2009.
1949. Henri Calet quitte son Paris familier pour
l’Italie : un ami l’y invite comme journaliste à un congrès sur le
méthane. Padoue, Venise, Rome : autant de noms sur-référencés, autant de
villes sur lesquelles tout ou presque a été écrit. N’oublions pas en effet que
le voyage en Italie était une étape incontournable pour la formation de l’artiste
français, un certain Stendhal immortalisant même cette overdose culturelle.
Calet,
lui, absorbé par ses congrès gazeux, jette un regard oblique sur le pays et
fait surgir une autre Italie, peut-être moins éternelle mais plus quotidienne. Les
courses de lévriers plutôt que la chapelle Sixtine, les Vespas menaçantes
plutôt que la magnificence du passé. De toutes façons, ce voyageur distrait se
promène toujours de nuit : « Le Grand Canal dans les ténèbres n’a
plus aucun secret pour moi. » p.99.
Il est fatigué également par sa propre
présence et n’arrive pas à s’en échapper : « Ce qui rend les voyages
à peu près inutiles, c’est que l’on se déplace toujours avec soi, avec les
mêmes pensées, le même passé, les mêmes ennuis, le même tour d’esprit, les mêmes
appréciations sur les choses et les gens. Où que l’on se trouve, on n’est
jamais seul. » p.184
Le lecteur se trouve bien heureux pour sa part de sillonner nuitamment l’Italie en compagnie d’Henri Calet : nonchalant, anecdotique et chargé de regret, voilà son voyage personnel !
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Journal de voyage, Le Dilettante, 2009. Première parution chez Gallimard en 1950. 186 p., 17 €. Couverture : Atelier Civard.
15 novembre 2009
Hadrien Rabouin, Le journal d'Hadrien et Camomille, 1300 km à travers le France, Editions du Rocher, 2009.
Je quitte Bernard Ollivier, 70 printemps pour
rejoindre Hadrien et ses 17 ans : deux voyages, deux âges de la vie, une
même envie de prendre la route. Le projet d’Hadrien a été particulièrement
médiatisé et peut-être avez-vous entendu parler de ce jeune homme accompagné
d’une vache qui a parcouru durant l’été et l’automne 2008, 1300 km à travers
les campagnes françaises.
Marcher pour rencontrer les savoir-faire des artisans
(potier, forgeron…) et collecter des noms de plantes, marcher pour éprouver la
solitude et la solidarité, marcher pour se connaître au côté d’un animal de bât
insolite. Hadrien est un être en formation et se pose comme tel lors de ses
rencontres : « on me demande de parler, de livrer mes secrets. Mais
moi, je ne suis rien. Plus tard peut-être. […] A ceux qui m’interrogent, je
réponds volontiers : « Ce n’est pas à moi de parler mais à vous. Mon
rôle est d’écouter. » » p. 72 Son voyage est donc initiatique mais
déjà se dessinent des envies, des choix de vie : la simplicité, l’harmonie
avec la nature, la réflexion. Hadrien parle peu de lui et son journal est le
plus souvent factuel mais les quelquefois où il se livre sont d’autant plus
touchantes. Puis la complicité avec Camomille apporte beaucoup à son récit.
Par la marche et le dépouillement, Hadrien questionne ce qui est essentiel en nous : à chacun de poursuivre sa propre réflexion une fois le livre terminé.
Allez faire un petit tour sur le blog d'Hadrien pour voir la suite de ses voyages...sans oublier le blog de Camo, la vache la plus célèbre de France!
Hadrien Rabouin, Le journal d'Hadrien et Camomille, 1300 km à travers la France, Editions du Rocher, 2009. 196 p., 18 €. Photographie extraite du blog d'Hadrien.
23 septembre 2009
Moine Jaeyeon, Kim Sehyeon, Voler!, Editions Philippe Picquier, 2009.
Une petite pause dans une rentrée littéraire aux
sujets bien sombres. Voler ! est
un conte initiatique écrit par un moine coréen bouddhiste et joliment illustré
à l’encre de Chine par Kim Sehyeon. A travers l’histoire d’un canard, le
lecteur prend connaissance de quelques grands principes du bouddhisme.
Pilou
est un caneton qui veut réaliser son rêve : voler. Il quitte ses
congénères pour partir à travers le vaste monde. Le long du chemin, il
rencontre divers animaux qui chacun à leur façon le font s’interroger sur son
identité et sur ses rapports avec les autres. Il apprend même auprès d’une
vieille grue la méditation et l’ascétisme. Pilou s’échappe ainsi du monde
matérialiste et il s’étonne de rencontrer des canards insouciants qui passent
leur vie à manger, s’accoupler et dormir sans se poser de questions. Vous
percevez alors à quel point notre ami le canard a développé son sens critique.
Le texte est évidemment parsemé de pensées, d’aphorismes et de réflexions qui permettent au lecteur de réfléchir à l’unisson du palmipède. On pourra certainement reprocher une approche un peu simpliste, des situations trop schématiques mais le moine Jaeyeon et son surprenant héros ont quand même le mérite de proposer une parenthèse spirituelle dans notre monde si désespérément mercantile et consumériste. Les bouddhistes « confirmés » n’y apprendront en revanche pas grand-chose !
« Pour celui qui cherche à apprendre avec un esprit ouvert, chaque chose devient source d’enseignement. » p 47
Moine Jaeyeon, illustrations de Kim Sehyeon, Voler!, Editions Philippe Picquier, 2009. (Pe Pe the Duck). Traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel. 152 p., 16,50 €.
01 septembre 2009
Le Blogoclub : Jacques Poulin, La tournée d'automne, Actes Sud, Léméac, Babel, 1997.
Entre Québec et la Côte-Nord, le Chauffeur traîne son spleen dans un antique bibliobus. Il rencontre Marie, une française en tournée avec un groupe de saltimbanques et de musiciens : Marie et le Chauffeur ont « la même taille, les mêmes cheveux gris » (p. 11), une vie derrière eux et le même amour des livres et des chats. Afin de découvrir le pays, Marie et ses compagnons décident de suivre le Chauffeur dans sa tournée. Ce nomadisme moderne créé imperceptiblement un attachement ému et serein entre le Chauffeur et Marie.
Voici une histoire d’amour simple et tendre où les fougueux élans passionnels n’ont pas lieu d’être. A l’automne de leur vie, Marie et le Chauffeur prennent le temps de se connaître, de passer du temps ensemble sans se presser. Ils connaissent la valeur de l’instant présent et ne cherchent pas à forcer le destin. Leur relation est toute empreinte d’une douceur et d’une tendresse infinies, d’une simplicité rendue par des phrases courtes qui vont à l’essentiel.
L’atmosphère du bibliobus et des spectacles des saltimbanques ajoutent une tonalité à la fois intimiste et magique à des moments de vie qui restent longtemps à l’esprit. Tout comme Marie et ses amis, le lecteur découvre également les paysages québécois avec le Chauffeur pour guide.
Une belle histoire d’amour dont la simplicité pourra néanmoins sembler fade à certains lecteurs.
« Les livres sont comme les chats, on ne peut pas toujours les garder. » (p.123)
Pour d'autres avis, allez faire un tour sur le blog de Sylire qui centralise les participants du Blogoclub.
Par ailleurs, bonne rentrée à tous (sous un ciel pluvieux en région parisienne...), particulièrement à Aurélilélé qui entame aujourd'hui même un IUT Métiers du livre! Espérons que les cours lui laisseront un peu de temps pour continuer son blog ;D
Jacques Poulin, La tournée d'automne, Actes Sud, Léméac, Babel, 1997. 192 p., 6,50 €.
20 juillet 2009
Yves Grevet, Meto, La maison, Syros jeunesse, 2008.
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enfants vivent dans une étrange maison au fond d'un cratère volcanique. Sous la
coupe de surveillants identiques appelés les Césars, leur quotidien est régi
par une discipline de fer qui ne souffre aucun écart sous peine de punitions
effrayantes. Les plus anciens savent qu'un jour, ils devront quitter la Maison.
Mais qu'y a-t-il après? Et pourquoi sont-ils là? Meto veut en savoir davantage
et s'aperçoit peu à peu qu'il n'est pas le seul.
Meto décrit un univers carcéral qui a une emprise à la fois
physique et psychologique sur les enfants. On pense bien sûr à Orwell pour ce
fonctionnement dictatorial où la pensée même est soumise à l’oppresseur. Le
fonctionnement de la maison a sa logique propre qui reste néanmoins opaque pour
nous qui n’y sommes pas initiés. D’où la fascination qu’exerce la description
minutieuse de la Maison et des parades qu’ont trouvé les enfants pour
communiquer ; en effet, dans ce monde cruel, la solidarité entre les enfants
est la seule respiration du récit.
Au fur et à mesure de la lecture, le malaise
grandit et le mystère s’épaissit : une fois Meto ouvert, difficile de le refermer !
La maison est le premier tome d’une trilogie : à suivre !
Yves Grevet, Meto Volume 1, La maison, Syros jeunesse, 2008. 288 p., 14,90 €. Illustration de couverture : Thomas Ehretsmann.
02 juin 2009
Viviane Moore, Marie-Claire Pajeile, 79° Nord, Elytis, 2009.
Viviane Moore est connue pour ses
romans policiers historiques, notamment publiés chez 10/18 ou dans la
collection Labyrinthes des Editions du Masque. Lors d’une mission
franco-norvégienne sur l’archipel du Spitzberg, situé non loin du Pôle Nord,
Viviane Moore a rencontré l’illustratrice Marie-Claire Pajeile. De ce voyage et
de cette rencontre est né 79° Nord.
Ce court polar met en scène un inspecteur
de police norvégien, Erik Olsen. Il est appelé en renfort sur l’archipel pour
élucider le meurtre d’une jeune femme, Olga, tuée à coups de hache. L’enquête
sur l’assassinat d’Olga se double pour Erik, d’une quête personnelle : la
recherche de ses propres origines. Erik Olsen est en effet né sur cet archipel
dans des circonstances mystérieuses et il n’a pas connu ses parents, tous deux
morts à Spitzberg.
Voici un policier sans prétentions, de bonne facture et qui
se lit d’une traite. L’intrigue n’est pas en soi renversante mais elle s’avère
cohérente et mêle habilement les histoires d’Olga et d’Erik. Comme le dit l’un
des habitants de Spitzberg, « ici, rien n’est pareil. » : Viviane
Moore parvient à rendre l’atmosphère particulière de ces îles arctiques. La
mélancolie, la langueur et le fatalisme qui habitent les protagonistes
réussissent même à adoucir la violence du meurtre et des relations sociales.
Tout semble figé sous le soleil éternel et froid du Grand Nord et les
révélations qui sont faites à Erik sur son passé, à la toute fin du roman,
paraissent d’autant plus troublantes.
Les illustrations de Marie-Claire Pajeile
qui ponctuent le récit, montrent de grands espaces désolés désertés par les
hommes.
Une agréable escapade dans le « pays aux côtes glaciales », une lecture émouvante et mélancolique.
Viviane Moore (texte), Marie-Claire Pajeile (illustrations), 79° Nord, Elytis, 2009. 141 p., 10 €.
21 mai 2009
Michael Koryta, Une tombe accueillante, Seuil, Policiers, 2009.
Attention, voilà du lourd !
Ironie amusante, ce livre m’a gracieusement été envoyé par le site
Chezlesfilles.com et par les Editions du Seuil. Ironique donc car on est loin
de la littérature « pour filles » ! Mais c’est avéré dans les
enquêtes socioculturelles, les « filles » lisent elles aussi beaucoup de
policiers. Certaines d’entre elles aiment certainement les gros durs et dans ce
cas, cette tombe accueillante le sera pour elles (et peut-être plus encore pour
de nombreux garçons…)
Lincoln Perry s’est fait viré de la police de Cleveland
après avoir passé à tabac Alex Jefferson, un riche avocat qui lui a volé sa
fiancée. Devenu détective privé (car, une fois que l’on a goûté à l’adrénaline
des enquêtes, difficile de s’en passer !), il est contacté des années
après par son ex-fiancée, devenue l’épouse de l’avocat. Ce dernier a été
assassiné dans de sombres circonstances (enlèvement, torture…) : il laisse
en héritage une somme rondelette à un fils né d’un précédent mariage et avec
lequel il n’a plus de contact. La mission de Lincoln Perry consiste, tout
simplement, à retrouver la trace du fils disparu. Très vite, la recherche du
fils fantôme prend une tournure des plus désagréables et Perry se retrouve dans
l’inconfortable position de principal suspect pour le meurtre d’Alex
Jefferson…
Voilà un polar qui ne fait dans la dentelle. Son but premier est bien
plutôt l’efficacité du déroulement de l’enquête et la montée inexorable d’un
suspense qui scotche le lecteur à sa tombe. Comme la mafia russe se retrouve
mêlée à cette histoire, de nombreuses scènes d’action viennent rythmer le
récit : bagarres, fusillades, interrogatoires musclés…Lecteurs sensibles,
s’abstenir ! La violence va crescendo et devient en effet quasi-permanente
dans la deuxième moitié du livre.
Le personnage de Lincoln Perry ajoute à
l’intérêt du récit par son humour à froid et par son statut bien
particulier : franc-tireur, il est à la fois enquêteur et suspect dans la
même enquête. De quoi provoquer quelques sueurs froides. Les scènes intimistes
avec son collègue rangé des camions pour cause de blessures humanisent le
personnage mais pas de méprise, on reste dans l’action pure et dure.
Au final, un polar qui ne révolutionne pas le genre et qui peut gêner par l'omniprésence d'une violence parfois gratuite. Néanmoins, l'efficacité du suspense permet de passer outre et de se laisser prendre au jeu.
De l’adrénaline, de la testostérone, des flingues en tous genres : un livre très viril en somme !
Merci à Suzanne de chez les filles.com et au Seuil pour cet envoi.
Les avis positifs de Nag, Mika, et de Michel.
Michael Koryta, Une tombe accueillante, Seuil, Policiers, 2009. (A Welcome Grave). Traduit de l'anglais par Mireille Vignol. 350 p., 21,80€.
04 mai 2009
Mark Safranko, Putain d’Olivia, 13e Note Editions, 2009.
D’entrée de jeu,
Safranko se place sous le patronage artistique de ses maîtres : Henry
Miller, Bukowski, John Fante et plus surprenant pour un auteur américain,
le Philippe Djian des années 80 et de 37°2 le matin (Djian qui s’est lui-même
largement inspiré, à cette période, des auteurs précédemment cités.)
Putain d’Olivia
réunit sans peine les ingrédients que l’on trouve habituellement dans cette
littérature de la déglingue et du désespoir. Max le narrateur,
apprenti-écrivain, tombe sous la domination d’Olivia, une femme fatale
capricieuse, volcanique et imprévisible. Leur relation, essentiellement fondée
sur le sexe, se heurte rapidement aux aléas du quotidien : comment trouver
de l’argent et avoir assez de temps pour écrire ? Leurs conditions de vie
se détériorent jusqu’au sordide mais ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre.
Putain d’Olivia est une succession de scènes de sexe, d’enguelades avec
chapelets d’injures et de descriptions de petits boulots alimentaires. Max
déverse à longueur de pages son amertume, son désespoir et son incompréhension
face à l’impuissance qu’il ressent à s’extirper de l’enfer dans lequel il s’est
lui-même plongé. Le style, très oral, est relâché afin de rendre au mieux la
désinvolture désenchantée du narrateur.
Autant dire que si l’on a déjà lu
Bukowski et les autres, Putain d’Olivia n’apporte aucune surprise, aucune
nouveauté aux thématiques éculées des losers dépressifs. Pourquoi alors
continuer à écrire ce genre de prose ? A lire la présentation de l’éditeur,
on s’aperçoit que ce récit puise allègrement dans la vie même de l’auteur. A
mon sens, néanmoins, rien de proprement littéraire ne vient transcender cette
base autobiographique. Un style plus ouvertement argotique ou imagé aurait pu
sauver le texte.
Putain d’Olivia pourra tout de même plaire à ceux qui sont
fascinés par le cauchemar américain et ses chantres (même s’il me semble
préférable de lire les originaux !...)
Mark Safranko, Putain d'Olivia, 13e Note Editions, 2009. Traduit de l'anglais par Nadine Gassie (Hating Olivia). 319 p., 19€.
14 avril 2009
Hafid Aggoune, Rêve 78, Joëlle Losfeld, 2009.
Regardez bien
la couverture de Rêve 78 : c’est
cette photo qui a inspiré à Hafid Aggoune ce court texte, c’est cette photo qui
a tenu lieu de madeleine. Le fil des souvenirs se déroule et le petit
garçon de la photo s’anime. Rêve 78
est le récit d’une déchirure, d’une absence : tout petit, ce garçon à la
casquette est arraché à sa mère pendant deux ans pour être confié à la famille
algérienne. Là-bas, personne ne parle la langue maternelle, personne ne montre
d’affection pour lui. C’est le père, un « monstre », qui est à l’origine
de cette blessure. Comment alors, devenir papa à son tour ?
Dans ce texte
manifestement autobiographique, Hafid Aggoune raconte son amour de la
littérature, des femmes et en premier lieu de sa mère car ce sont elles qui l’ont
sauvé après ce traumatisme enfantin. Par ce texte intimiste, il se met à nu, répare
sa mémoire et peut alors envisager sa propre paternité. On le voit, l’écriture
fonctionne comme un baume : Rêve 78
tient plus du journal intime dévoilé que du roman, ce qui peut au choix toucher
le lecteur ou le laisser extérieur au récit.
Le beau commentaire de Kenza sur son blog Un thé au jasmin.
Hafid Aggoune, Rêve 78, J.Losfeld, Littérature française, 2009. 63 p., 9,50€
04 avril 2009
Florian Rochat, Cougar corridor, La Passage, Polar, 2009.
Voici un livre qui a priori avait tout pour me plaire : un polar écolo dans les grands espaces du Montana ! Au final, et sans être totalement objective, je dirais que j’ai pris plaisir à lire Cougar Corridor, et ce, pour les informations que j’ai pu apprendre sur les cougars (ou lions de montagne) et pour les thèses écologistes défendues.
Mais il faut bien reconnaître que ce livre n’est pas une pleine réussite. En effet, Florian Rochat, un journaliste suisse dont c’est le premier roman, semble s’être fixé un cahier des charges avec les thèmes suivants : cougars/écologie/défense des espaces naturels/indiens d’Amérique spoliés. Seulement, cela ne suffit pas pour faire un roman convaincant : les personnages sont certes sympathiques mais restent trop caricaturaux et l’intrigue m’a paru un peu invraisemblable. L’écriture est maîtrisée mais il n’y a pas de style propre. Dommage car l’auteur connaît parfaitement son sujet et aborde des idées qu’il me semble important de défendre.
Ainsi, le morcellement des espaces sauvages par l’extension des habitations humaines et des infrastructures afférentes est une menace pour la faune : l’humain s’invite sur le territoire de l’animal et empêche alors la reproduction et tout simplement la survie des espèces. Ici, la question des cougars est abordée avec les risques mortels que peut engendrer la confrontation entre le félin et l’humain, mais il en est de même en France (et partout ailleurs dans le monde !), pour toutes sortes d’espèces sauvages : un petit mammifère comme le hérisson par exemple a besoin de 10 hectares au moins pour vivre! On peut imaginer sans peine le nombre de dangers mortels que les hérissons sont susceptibles de rencontrer sur une telle surface…Bref, je m’égare ! Mais sachez que cette idée est largement abordée et débattue dans Cougar Corridor.
Ce roman est donc plus l’occasion de réfléchir à la place de l’être humain sur la Terre que de lire un polar efficace, mais c’est déjà, pour moi, un très bon début (mais je l'ai dit, je ne suis pas objective!)
A voir : le site de Florian Rochat consacré aux cougars. A lire, Les avis positifs du blog Zonelivre et de la librairie Soleil Vert.
Florian Rochat, Cougar corridor, Le Passage, Polar, 2009. 235 p., 18€.
