05 novembre 2009
Laurent Mauvignier, Des hommes, Les Editions de Minuit, 2009.
Où parler de ce dont on ne parle pas, où peut-on
briser les silences si ce n’est en littérature ? Laurent Mauvignier s’empare
à bras le corps d’un sujet encore tabou, d’une guerre qui n’a longtemps pas été
considérée comme telle, d’une déchirure encore trop vive pour certains de nos
contemporains.
Des hommes, oui ce
sont des hommes comme l’on dit sans histoires, et pourtant il suffit d’un
incident pour que reviennent à la mémoire les souvenirs qu’on a l’habitude d’enfouir.
Ils sont allés en Algérie, dans un pays inconnu où l’ennui et la peur
constituent le lot quotidien. Il n’y a même pas de camaraderie entre eux :
« il n’est pas seul à être seul, ils sont seuls tous ensemble. »
p.161. Jusqu’au moment où la violence se déchaîne et s’étale, crue et insupportable.
Puis il y a le retour parmi ceux qui ne veulent pas en entendre parler, parce
que quand même, ça n’a rien à voir avec Verdun, on n’appelle même pas ça une « guerre ».
« La vérité c’est que le passé, le passé, on n’en parle pas, il faut
continuer, reprendre, il faut avancer, ne pas remuer. » p 251. Pourtant le
vécu est en chacun d’eux, hante les consciences, s’immisce dans le sommeil :
comment vivre avec l’horreur quand autour de soi tout est si confortable, si
anodin ?
Des hommes fait œuvre de
mémoire, témoigne pour ceux qui n’ont pas pu parler, ou si peu en faisant
justement entendre leurs voix : d’où un style très oral qui ne m’a pas
toujours complètement convaincue. L’exercice est en effet périlleux et n’est
pas François Bon, (époque Minuit) qui veut. Dommage aussi que la première
partie avant la plongée dans le passé soit un peu trop longue et n’apporte pas grand-chose
à l’ensemble du roman.
Malgré ces quelques bémols, Des hommes est assurément un récit courageux et une lecture nécessaire.
Des avis divergents, notamment par rapport au style : Sylire, Aurore, Val, et Stéphanie.
Laurent Mauvignier, Des hommes, Les Editions de Minuit, 2009. 280 p., 17,50 €
31 octobre 2009
Colette, Le blé en herbe, Garnier-Flammarion, 2000.
Je suis de
retour après une semaine au vert ; je n’ai pour habitude de raconter ma
vie ou mes vacances sur ce blog mais je tiens là un argument littéraire! Je
suis en effet allée randonner sur les chemins boueux de la Puisaye, (« la
quoi ? », « c’est où ? ») pays qui a vu naître Colette,
à Saint-Sauveur-en-Puisaye plus exactement. Elle y a passé les 18 premières
années de sa vie et le raconte dans les Claudine.
Cette escapade a été pour moi l’occasion de découvrir Colette par la lecture du
Blé en herbe.
Nous quittons les rudesses
de la Bourgogne pour la douceur de la côte cancalaise là où deux adolescents
parisiens, Vinca et Philippe, passent leurs vacances depuis l’enfance. Amis
depuis toujours, la naissance du désir et l’effondrement de l’innocence
viennent troubler leur relation et ce, d’autant plus que Philippe s’initie aux
plaisirs charnels auprès d’une femme de 30 ans, tout en ayant à l’esprit sa
belle amie Vinca mi-femme, mi-gamine.
Le texte est parcouru d’une tension à la
fois psychologique et sexuelle qui rend les personnages ardents, impatients de
vivre et de mourir. L’ambiguïté et la subtilité règnent en maître dans ce texte
publié en 1923 où l’adolescence est décrite avec une justesse sidérante. Et que
dire également de cette hardiesse à montrer une femme qui dévergonde un jeune
homme orgueilleux qui lui-même « offense » une jeune fille. Pas de
doute, nous voilà rentrés dans la modernité où, sous les carcans sociaux, les
êtres s’affirment et vivent en secret leurs désirs.
Pour finir sur la Puisaye, je vous encourage à aller la visiter (pour ceux qui aiment la campagne et le calme !) et à faire une halte d’une journée à Guédelon, projet fou et passionnant : en pleine forêt, des hommes et des femmes construisent à partir de zéro un château-fort avec les moyens techniques de l’époque ! Le chantier a ouvert en 1997 et doit durer plus d’une vingtaine d’années ! Jetez vos manuels scolaires poussiéreux et allez à Guédelon pour une leçon d’histoire pour petits et grands à ciel ouvert. Je vous conseille fortement la visite guidée (non, non, vous ne bâillerez pas, les guides sont des mordus qui passionnent même les plus réticents !) pour mieux comprendre les implications historiques, architecturales et sociales. Guédelon : incroyable mais vrai!
Colette, Le blé en herbe, Garnier-Flammarion, 2000. 188 p., 3,80 €.
16 octobre 2009
Gwenaëlle Aubry, Personne, Le Mercure de France, 2009.
Personne est le portrait sous forme d’un abécédaire (de A
comme Artaud à Z comme Zelig) d’un père différent. Homme aux multiples facettes
jusqu’à ne plus connaître lui-même sa propre identité, le père de Gwenaëlle
Aubry est ce qu’on appelle un « fou », un mélancolique, un dépressif.
Professeur de droit issu d’une famille bourgeoise, il connaîtra la
clochardisation, l’alcoolisme, l’exclusion. Du reste, il se choisit comme
emblème le mouton noir; il se compose également un bestiaire à la
fois rassurant et mystérieux. Tout comme l’ensemble de son univers mental d’une
richesse et d’une finesse infinies : Aubry a en effet choisi d’intégrer dans
son récit des extraits d’un texte écrit par son père où il se raconte et s’analyse
(au sens psychanalytique du terme).
Cet homme-là était certainement hors du
commun : un être ultrasensible, trop lucide et finalement inadapté à notre
monde si sérieux, lui qui avoue n’avoir pas vieilli au-delà de sa cinquième
année. Les descriptions de repas de famille bourgeoise où chacun se doit de
jouer une mascarade sociale afin d’être accepté est d’une justesse poignante. Ce
jeu social où l’on masque sa personnalité profonde n’est-il pas déjà le début d’une
folie, celle de la normalité et de la peur du « qu’en dira-t-on » ?
La folie du père paraît ainsi plus clairvoyante à sa fille que la santé mentale
des autres.
La prose d’Aubry est faite de longues phrases amples qui vont et
viennent comme le mouvement de la mer, comme pour enserrer ce cher papa
maintenant disparu. L’abécédaire évite aussi la linéarité et permet de
superposer les époques, les nombreuses personnalités du père : voilà un
procédé littéraire tout simple mais qui décuple l’émotion, nuance et
approfondit toujours plus le portrait.
Bouleversant de bout en bout, Personne est un hommage magnifique au père.
D'autres lectrices : Mlle Georges et Malice.
Gwenaëlle Aubry, Personne, Le Mercure de France, 2009. 158 p., 15 €.
15 octobre 2009
Jacques A. Bertrand, Les autres, c'est rien que des sales types, Julliard, 2009.
Retrouver les portraits de Jacques A. Bertrand est
toujours un plaisir jubilatoire. Après les bestioles peu aimées des humains,
voici réunis quelques spécimens qui empoisonnent la vie de l’honnête homme
(lui-même plutôt misanthrope…) : le Con, le Jeune, le Commerçant, le
Touriste, le Végétarien, l'Imbécile heureux et tutti quanti.
Jacques A. Bertrand observe les
animaux comme les humains avec une précision de naturaliste qui classe,
définit, et compare les étranges phénomènes qu’offre l’humanité. On ricane car,
bien sûr, on reconnaît ses proches (amis ou ennemis !) et surtout on se
reconnaît soi-même !
Erudits et vachards, ces « caractères » contemporains se dégustent comme du petit-lait : on en redemande !
D'autres lectrices conquises : Cathe, Cathulu.
Jacques A. Bertrand, Les autres, c'est rien que des sales types, Julliard, 2009. 134 p., 15 €.
08 octobre 2009
Cécile Ladjali, Ordalie, Actes Sud, 2009.
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale en Europe, Ilse
et Lenz sont deux êtres hors du commun taraudés par leur génie poétique et leur
vision personnelle d’un monde qui ne s’accorde pas avec leur sensibilité. Ilse
et Lenz s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. Ilse et Lenz sont les doubles
d’Ingeborg Bachmann, artiste autrichienne et de Paul Celan, poète né en
Bucovine et s’exprimant en allemand. Ordalie
est selon le mot même de Cécile Ladjali un palimpseste de leurs œuvres.
Cette
histoire d’amour impossible est racontée par Zak, le cousin d’Ilse qui en est
amoureux fou. Et c’est bien là peut-être le principal problème de ce livre :
en effet, ce procédé narratif nous éloigne non seulement du sentiment amoureux
des deux artistes mais également de la genèse de leur travail poétique. Tout cela
paraît bien distant et l’empathie n’est guère possible.
Zak est de surcroît un
narrateur antipathique, autrefois fasciné par le nazisme et qui n’éprouve aucun
sentiment de repentance. Il passe des années à se complaire dans une fascination
délétère envers sa cousine qui lasse et paraît peu crédible.
Pour finir, la
langue de Ladjali est toute entière marquée par son érudition classique :
son style est recherché, précieux et parfois trop maniéré. En définitive, Ordalie est écrasé par le poids de ses
modèles et des (trop ?) nombreuses références qui parsèment le texte.
Avis contrastés dans la blogosphère! Les enthousiastes : Sabine, Lilly, Lou, la mitigée : Stephie, les déçues : Malice, Bellesahi...dont je fais partie!
Cécile Ladjali, Ordalie, Actes Sud, 2009. 201 p., 18 €.
28 septembre 2009
Thierry Hesse, Démon, Editions de l'Olivier, 2009.
Démon est un grand roman qui fonctionne selon une formule
déjà éprouvée et ici parfaitement maîtrisée : la Grande Histoire qui se
mêle aux histoires individuelles. Pierre Rotko est journaliste grand reporter.
Son père est un juif russe qui, une fois arrivé en France, a gommé toutes les
traces de son origine, jusqu’à ne jamais parler de ses parents assassinés par
les nazis en 1942. A la fin de sa vie, peu de temps avant son suicide, le père
de Pierre décide enfin de transmettre la mémoire d’une histoire familiale
troublée, traumatisante mais également passionnante.
A la faveur de ce récit
personnel, Pierre Rotkho replonge dans l’histoire de l’Union Soviétique stalinienne
mais aussi de la Seconde Guerre Mondiale. Puis, après la mort de son père, un
démon, « moitié juif, moitié russe » qui se cache en lui, pousse le
narrateur à aller se confronter à la peur : il part à Grozny, dans un pays
meurtri et oublié des grandes puissances.
Thierry Hesse parvient en des termes
clairs et des phrases simples et percutantes à rendre compréhensibles et
passionnantes des décennies d’histoire russe, caucasienne et mondiale. Certes,
la famille Rotko est le fil conducteur du récit mais on y rencontre également
une multitude de personnages historiques connus ou inconnus et on suit avec
enthousiasme et émotion la destinée de chacun.
Démon est un faisceau d’histoires qui restent en nous longtemps après avoir lu la dernière page.
Thierry Hesse, Démon, Editions de l'Olivier, 2009. 456 p., 20 €.
09 septembre 2009
Marie-Hélène Lafon, L'annonce, Buchet Chastel, 2009.
Souvenez-vous : dans Profils paysans : la vie moderne, Raymond
Depardon filme le mariage d’Alain Rouvière, paysan lozérien avec Cécile,
originaire du Nord-Pas-de-Calais, sous l’œil scrutateur et méfiant de Marcel et
Raymond Privat, les oncles octogénaires. L’annonce
reprend cette même situation (à deux ou trois détails près) et la
développe : hommage à Depardon, coïncidence ou réalité maintes fois
rencontrée chez les agriculteurs auvergnats ? Un peu de tout cela certainement.
Ainsi, Paul, paysan du Cantal rencontre Annette de Bailleul par le biais d’une
petite annonce. Tous deux ont déjà une vie derrière eux, faite de déceptions et
d’échecs amoureux, une vie qu’ils veulent transformer peu à peu en quelque
chose de plus doux et de plus serein. Marie-Hélène Lafon scrute cette relation
naissante, cet arrangement pour éviter la solitude. Elle s’immisce avec
délicatesse dans l’intimité des uns et des autres. Il en ressort une mélancolie
diffuse, l’habitude de s’accommoder des déconvenues du quotidien.
Si l’histoire
se place sous le patronage de Depardon, le style lui, doit beaucoup à Pierre Michon
et Pierre Bergounioux. La langue
travaillée, ciselée même rappelle celle des deux Pierre et sa désuétude sied au
monde qu’elle décrit. Difficile néanmoins d’égaler les maîtres. Certains
passages atteignent en effet pleinement leur but : la précision des
sentiments et la beauté des mots. D’autres au contraire apparaissent comme
besogneux. Il n’empêche : le charme opère et l’on s’attache à
ces personnages humbles qui composent un petit théâtre rural savoureux.
Un
bonheur de lecture arraché à l’âpreté du monde.
Cathulu, les libraires des mots vagabonds et Aurore ont été très sensibles à cette histoire.
Marie-Hélène Lafon, L'annonce, Buchet Chastel, 2009. 195 p., 15 €.
08 septembre 2009
Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard, L'infini, 2009.
Le projet tout entier de Yannick Haenel est contenu dans le titre de son ouvrage : il s’agit en effet d’un portrait de Jan Karski, une figure importante de la résistance polonaise durant la seconde guerre mondiale. Karski a notamment été chargé par des représentants juifs en 42, de transmettre aux Alliés les informations relatives au génocide qui se mettait alors en place.
Pour traiter
son sujet, Haenel, comme il s’en explique dès le prologue, relate la séquence
de Shoah de Claude Lanzmann où Jan
Karski témoigne. Ensuite, il fait un résumé commenté de Story of a Secret State, le livre que Karski a publié en 1944. Enfin,
la dernière partie est une fiction où Haenel imagine le monologue intérieur du
héros polonais.
Evidemment, le sujet en soi est passionnant et souligne un
aspect de la guerre et de l’histoire polonaise peu évoqué. Néanmoins, Haenel
accomplit là bien plus un travail d’historien que d’écrivain. Les deux
premières parties permettent en effet de connaître en détail les actions de
Karski et de la résistance polonaise mais la troisième partie littéraire
n’apporte pas grand-chose à l’ensemble. Le style m’a même gênée tant il m’a
paru pompeux (ah, tous ces italiques
qui soulignent lourdement ce que le
lecteur aura compris de lui-même…). Quant au ton qu’Haenel prête à Karski, il
m’apparaît sentencieux et finalement peu adapté à cette figure historique. Au
final, cette dernière partie (qui ne fait que soixante pages) discrédite l’ensemble.
D’ailleurs, à bien y réfléchir, le sujet qu’a choisi Haenel est inattaquable :
en effet, comment critiquer un livre qui met en avant la résistance à la
barbarie, comment remettre en cause un ouvrage qui met en lumière la figure d’un
Juste ? Et c’est précisément cela que je reproche à Haenel : de s’être
caché derrière un sujet et un personnage inattaquables pour en faire une œuvre de
fiction qui n’a pas tout à fait l’ensemble des qualités littéraires que lui prête l’ensemble
(ou presque) de la critique française.
A noter, qu’à la médiathèque, nous
sommes quatre à l’avoir lu : deux ont été bouleversés et reconnaissent de
réelles qualités littéraires au dispositif narratif de Haenel. Quant à la
quatrième bibliothécaire, elle est tout à fait de mon avis et recommande bien
plus la lecture des Sentinelles de
Bruno Tessarech.
L'avis de Chifonnette, qui a beaucoup aimé.
Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard, L'infini, 2009. 186 p., 16,50 €.
28 août 2009
Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City, Sabine Wespieser Editeur, 2009.
Le ciel de Bay City confronte le nouveau monde et son
absence de passé, sa volonté d’amnésie à la vieille Europe, lourde des guerres
et des atrocités perpétrées sur ces terres. Amy est une jeune américaine dont
la famille maternelle a péri dans les camps nazis. La mère et la tante d’Amy
ont décidé de ne pas transmettre la mémoire du génocide.
Pourtant les nuits
d’Amy sont peuplées des horreurs de la Shoah tandis que la vie américaine
s’écoule dans l’ennui et le confort matériel. Cette confrontation presque
indécente s’incarne dans l’apparition grotesque des fantômes des grands-parents
d’Amy, morts à Auschwitz. Leurs corps décharnés et torturés s’immiscent dans la
maison kitsch et proprette de la famille : pour le moins, le symbole s’avère
incongru et dérangeant…Tout comme l’ensemble de ce récit nihiliste, difficile à
lire à cause de toutes les horreurs qu’il charrie.
Si l’Europe n’a plus
rien à apporter à Amy avec son ciel plombé par les cendres des corps brûlés,
l’Amérique n’a même pas la capacité à pacifier la jeune fille : le ciel y est
constamment mauve, asphyxié par les fumées toxiques des usines automobiles, les
corps américains pollués et dénaturés par la société d’hyper-consommation.
L’air et le feu sont les éléments destructeurs et c’est donc par l’eau qu’Amy
tente de se purifier. Enceinte, elle se baigne dans le Gange qui lave de
l’ignominie et l’enfantement de sa fille Heaven semble la sortir du marasme.
Mais un enfant seul peut-il protéger des horreurs de l’humanité ?
Si les
questionnements soulevés à travers ce livre sont habilement traités, il n’en
reste pas moins que les obsessions funestes de l’héroïne et son extrême
pessimisme (compréhensible au demeurant…) rendent la lecture pénible. Il est
certes du devoir de chaque humain de s’interroger sur la barbarie mais, à mon
sens, ce roman est à ce point nihiliste qu’il ne laisse aucune place à
l’espoir.
Pour résumer, une lecture éprouvante qui ne peut pas laisser indifférent.
Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City, Sabine Wespieser Editeur, 2009. 294 p., 21 €.
15 août 2009
Paul Vacca, Nueva Königsberg, Philippe Rey, 2009.
Nueva
Königsberg au Paraguay abrite une communauté qui vit à la manière de Kant
jusque dans les moindres détails de la vie quotidienne. Seulement, une question
de grande importance compromet l’équilibre de la communauté : quelle doit
être son positionnement par rapport au sexe, sachant que Kant aurait vécu toute
sa vie dans la chasteté ? En 1946, le philosophe Jean-Baptiste Botul est
appelé à la rescousse pour trouver une solution. Il est accompagné de Sébastien,
un jeune zazou moqueur face à ces individus qu’il prend pour des timbrés. Jusqu’à
sa rencontre avec Sofia, l’institutrice de Nueva Königsberg…
Paul Vacca aborde
cette situation pour le moins inédite et surprenante avec une loufoquerie et un
amusement qui font plaisir à voir. Puis, rapidement, l’argument philosophique
et les questionnements passent au second plan pour s’incarner plus simplement
dans une idylle entre Sofia et Sébastien. J’imagine que Vacca n’a pas voulu
alourdir son propos et reste ainsi toujours dans une interrogation très
accessible : il est vrai que je m’attendais à un récit plus profondément
philosophique. Finalement, à l’image des jeux de mots qui parsèment le texte et
qui sont au départ amusants, puis deviennent un peu lassants, cette histoire
kantienne n’est qu’un prétexte à la description classique d’un amour contrarié
qui finit par triompher.
J’ai tout de même pris du plaisir à le lire, mais en tant que lecture légère, et non en tant que roman philosophique.
Vacca est très aimé par la blogosphère et de nombreux billets ont été publiés au sujet de Nueva Königsberg : Joël et Laurence de Mots à mots, Clarabel, Cathe, Amanda, Lily, Sylire, Keisha, Yv,...
Paul Vacca, Nueva Königsberg, Philippe Rey, 2009. 209 p., 17 €.
