PHO5fbe3ebc-7a14-11e3-b750-b82a956e453f-300x450   Maylis de Kerangal a la passion du collectif et elle excelle à décrire des groupes en action : ados désœuvrés, ouvriers de chantier ou équipe médical, chaque groupe a son rythme propre, sa chorégraphie afin de mener à bien une action collective.

   Ici, donc, une transplantation d’organes. Pour le néophyte, un acte tout à la fois simple, évident, direct (« enterrer nos morts, réparer les vivants », tiré de Platonov) et extrêmement complexe techniquement, soumis à une vertigineuse prise de décision par les proches du défunt. Pour le néophyte encore, Maylis de Kerangal soigne sa présentation technique et scientifique et au-delà de l’émotionnel facile, donne à voir le prélèvement des organes, la transmission, telle qu’elle est vécue par l’équipe médicale, de façon charnelle et minutieuse.

   La scène finale de transplantation vient évidemment en point d’orgue, clôt magistralement le ballet et fait battre bien vite le cœur du lecteur.

D'autres avis : Bricabook, La librairie L'esprit livre de Lyon.

Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Verticales, 2014. 280 p., 18,90 €.