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Imaginez un silo de 140 étages presque entièrement enterré.

Imaginez qu'il s'agit là du seul endroit habitable sur Terre et que vous deviez le partager avec plusieurs centaines d'humains.

Imaginez que l'extérieur du silo est à ce point dangereux qu'on y envoie les criminels, les bannis promis à une mort douloureuse sous l'effet de la toxicité de l'air.

Imaginez que le monde extérieur n'est visible du silo que par le biais d'un écran et d'un système vieillissant de capteurs.

Vous tenez là le monde créé par Hugh Howey dans son premier roman et dites-vous bien que vous n'êtes pas prêts de ressortir du silo! Tant que vous ne serez pas arrivés à la dernière page! Cette dystopie est très réaliste et suffisamment banale (des survivants dans un monde clos) pour ne pas rebuter ceux que la SF ennuie habituellement. Très vite, la machine à question est lancée : que s'est-il passé pour que l'humanité vive depuis des générations dans un silo? Pourquoi n'y-a-t-il pas d'ascenseurs?? (Les personnages passent leur temps à monter et descendre des escaliers en colimaçon, ce qui rythme efficacement le récit.) Pourquoi les bannis envoyés à l'extérieur s'obstinent-ils à nettoyer les vieux capteurs qui alimentent l'écran?

Au-delà de la grande cohérence de ce monde souterrain, le brio de ce roman tient aussi à la richesse de ses nombreux personnages : pas de héros qui se détache, chacun a son importance. HH est un très bon raconteur d'histoires et une fois ressortis du silo, on n'a qu'une envie : y retourner! Tome 2 à paraître!

 

Hugh Howey, Silo, Actes Sud, Exofictions, 2013. (Wool). Traduit de l'anglais par Yoann Gentric et Laure Manceau. 560 p., 23 €.