res Il y a 17 ans paraissait No Pasaran, le jeu de Christian Lehmann où le langage des ordinateurs avait pris le pouvoir. C'était peut-être le premier roman sur le virtuel informatique que je lisais. Vincent Villeminot va bien plus loin avec le premier tome de Réseau(x) car l'informatique et Internet sont allés encore plus loin : un livre qui serait le reflet romanesque du virtuel où les personnages ont comme mode d'action principal l'interaction avec leurs ordinateurs et les réseaux sociaux.

  Nous sommes dans un futur très proche où l'omniprésent Facebook a été supplanté par un autre réseau social qui a la particularité d'avoir une face diurne et une autre nocturne : My Dark Place (MDP pour les intimes). Vous y postez vos rêves et vos cauchemars et les frontières poreuses entre réalité, rêve et virtuel s'amenuisent encore un peu plus. C'est peu dire que le réseau est un personnage à part entière : c'est même le nœud autour duquel gravitent les nombreux personnages du roman. En premier lieu, Sixtine dont les cauchemars prémonitoires excitent certains au point d'en tirer des snuff movies. Cela suffirait pour faire le point de départ d'un bon polar givré mais Villeminot y intègre d'autres ramifications qui densifient l'intrigue : un Anonymous mégalo, cynique, génial et agaçant, César Diaz, qui à l'aide de milliers de fans, recrée des parties de jeux vidéo « in real life ». ça s'appelle « Play it for real » et l'idée est si bien trouvée que je ne m'étonnerais pas que quelques rigolos s'y essaient déjà. Ajoutez deux flics qui cherchent à démêler cet écheveau de pixels et vous voilà embarqués dans un sacré cyber-thriller où les chapitres hyper-courts vous tiendront en haleine sans souci.

   C'est bien ficelé, nerveux et parfois vertigineux et c'est certainement aussi prenant qu'une « vraie » partie de jeu vidéo!

Le Facebook du roman

L'avis de Livresse des mots, Une souris et des livres.

Vincent Villeminot, Réseau(x), Nathan, 2013. 446 p., 16,50 €.