p   Ceux qui me connaissent le savent : le slam, c’est pas trop mon truc. Etonnant donc que je me retrouve à lire le témoignage de Grand Corps Malade ! Pourtant ici rien sur la musique ou la célébrité puisque GCM raconte la première année qui a suivi son accident.

   Tétraplégique incomplet après un saut dans une piscine, le jeune homme se retrouve à 20 ans totalement dépendant des autres pour le moindre geste. C’est ce qu’il raconte très bien dans ce texte : les conséquences concrètes du handicap. Le fait, par exemple, d’être toujours en position allongée et de toujours devoir fixer les plafonds : quand on est « valide », on ne réfléchit jamais à ce genre d’enfermement physique et mental. GCM raconte tout : les relations avec le personnel soignant, les potes qu’il se fait dans son centre de rééducation, les blagues non politiquement correctes…

   Ce qui frappe dans son approche, c’est l’humour qui est toujours là et le fait qu’il ne se plaigne jamais. Pour autant il ne fait pas dans l’angélisme : les handicapés ne sont pas différents du reste du monde. Il y a des handicapés sympas, des handicapés cons, des handicapés dépressifs, bref, la maladie n’exonère rien. Pour tous ceux qui sont éloignés au quotidien du handicap, je ne peux que chaudement leur recommander cette lecture qui apprend à voir avec les yeux des autres.

Grand Corps Malade, Patients, Don Quichotte Editions, 2012. 163 p., 15 €.