tout_tout_de_suite   J’ai lu Tout, tout de suite il y a quelques mois déjà et j’aurais bien été incapable d’en parler ici. Une fois commencé, je n’ai pas pu lâcher ce récit effroyable qui relate les destinées de chaque membre du « gang des barbares » ainsi que de leur victime suppliciée. Mais une fois fini, j’ai repoussé ce livre jusqu’à ne plus même pouvoir l’avoir dans mon champ de vision tellement ce qu’il renferme m’a horrifiée.

    Finalement, une fois digéré et mis un peu à distance, je me retrouve à le conseiller à des lycéens lors d’accueils de classe à la bibliothèque et les réactions dont ils nous font part à la fin de leur lecture sont aussi faites de fascinations, sidérations et moments chocs. Plusieurs mois après, je n’arrive toujours à comprendre comment ce fait divers sordide arrive à ce point à nous aimanter et à nous repousser à la fois : l’ai-je lu par voyeurisme ? Pour tenter de comprendre ? Il ne s’agit pas ici d’un roman : tout ce que Morgan Sportès raconte est vrai et une fois de plus la réalité met les écrivains au défi, comme dans De sang-froid de Capote, comme dans L’adversaire de Carrère. Je salue d’ailleurs l’immense travail de documentation, d’enquête et surtout d’empathie dont a fait preuve Morgan Sportès. 

Morgan Sportès, Tout, tout de suite, Fayard, 2011. 378 p., 20€90. Existe en livre de poche à 7€60.