bossu

   Chez Bartelt, tout est dans la langue : truculente, grivoise, outrancière et gouailleuse. Pas une page sans qu'on ait envie d'en extraire une ou deux citations à mettre aux frontons de nos journées tristes, histoire de leur donner de la couleur!

   Quant à l'histoire, on se dit qu'elle est secondaire mais elle est quand même sacrément noire et même grand-guignolesque, ce qui sied bien à l'outrance générale. Un malfrat de seconde zone, poète du dimanche et philosophe de comptoir se retrouve séquestré par un drôle d'olibrius, a priori riche mais qui aurait tout raté, notamment sa carrière de présentateur de télé-achat. Les voilà tous deux en huit-clos et une drôle de relation se noue entre le ravisseur et sa victime, mélange de méfiance, d'admiration et d'une pointe de sadisme, obligée dans ce genre de cas! Jusqu'à un dénouement délirant où l'on constate que l'on a bien été mené en bateau!

   Franz Bartelt écrit beaucoup, notamment des nouvelles : on sent que c'est un sprinteur, très bon sur de petites distances et je me plongerai avec intérêt dans ses nouvelles. Merci à Pierre pour cette découverte!

D'autres lecteurs : Mr Blue, Laurence sur Biblioblog, Encore et toujours du noir!.

Franz Bartelt, Le jardin du bossu, Gallimard, Série Noire, 2004. 186 p., 8€.