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   Voici donc la nouvelle coqueluche littéraire ! Chouchou des lycéens et des Académiciens. Alors, coup de génie ou coup d’épée dans l’eau ? Après m’être avalé les 660 pages sur l’affaire Harry Québert, je dirais ni l’un ni l’autre.

   Joël Dicker a visiblement lu tout Philip Roth et l’admire au point de vouloir être son fils spirituel (ça tombe bien puisque Roth arrêterait d’écrire.) Mais adorer un écrivain et lui rendre hommage ne dit pas l’égaler !

   Le livre de Joël Dicker a été pour moi une belle distraction : j’ai savouré l’habile manipulation de l’intrigue qui mène le lecteur en bateau, j’ai admiré la construction du récit qui mêle effets de miroir, livre en train de s’écrire sous nos yeux et jeux sur les temps de l’intrigue.

   Mais tout de même, il y a de nombreux écueils dans l’affaire Harry Québert à commencer par la naïveté : les pages sur le statut de l’écrivain, sur le pouvoir de la littérature sont remplies de clichés. Et que dire des pages retranscrites des Origines du mal, le soit disant chef d’œuvre ultime d’Harry Québert ? On est plus chez Harlequin que chez Saul Bellow ou Philip Roth !

   Jusqu’au bout, j’ai pensé que Dicker n’était pas dupe et qu’une pirouette finale viendrait me prouver que son récit était parfaitement maîtrisé jusque dans sa naïveté. Eh bien, malheureusement, je ne pense pas que cela soit le cas…Plutôt que de vouloir égaler les grands Américains et se casser le nez, Joël Dicker pourrait tout aussi bien devenir un très bon auteur de polars grand public et en cela déjà, son ambition serait tout à fait honorable.

Les avis sont partagés !  Richard, Selkis, Audouchoc, Aifelle pour n'en citer qu'une infime partie!

Joël Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Editions de Fallois/L'Age d'homme, 2012. 669 p., 22 €.