marche   Le film de Peter Weir, Les chemins de la liberté a remis sur le devant de la scène le récit de Slavomir Rawicz qui, depuis les années 50, n’a cessé d’être discuté, soupçonné, décrédibilisé mais toujours lu !

  Car Rawicz a été accusé d’affabulation et n’aurait donc jamais parcouru cette distance phénoménale du Goulag sibérien à l’Inde en passant par le terrible désert de Gobi. A la lecture d’A marche forcée, le doute s’insinue traîtreusement mais bien souvent, la force de l’aventure l’emporte et comme Sylvain Tesson, on se prend à y croire et à admirer l’abnégation, l'amitié et la force surhumaine déployée par ces hommes (et cette femme !) pour échapper au Goulag et recouvrer la liberté.

   Je conseille de lire les deux récits à la suite car si Tesson a entrepris cette folle marche, c’est aussi parce qu’il a été fasciné par l’évasion de Rawicz. De plus, Tesson, en très fin connaisseur des pays traversés, ajoute de nombreux faits et anecdotes historiques au récit de son propre voyage.

Une ode à la liberté, tout simplement.

Slavomir Rawicz, A marche forcée, à pied du Cercle Polaire jusqu'en Inde, 1941-1942, Phébus, 2002. Traduit de l'anglais par Eric Chédaille. 299 p., 21 €. Existe en poche chez Phébus, 10 €.

Sylvain Tesson, L'axe du loup, de la Sibérie à l'Inde sur les pas des évadés du Goulag, Robert Laffont, 2004. 215 p., 20 €. Existe en poche chez Pocket, 6 €.