russe   Vous qui n’êtes pas fonctionnaire, vous pensez certainement que la vie dans les ministères est glamour au possible, exaltante et riche en aventures…Eh bien vous vous trompez : on peut travailler au Ministère des Affaires Etrangères et ne jamais mettre le pied dans un avion et passer des journées ternes où la mort d’un pigeon parisien devient l’événement du mois.  

   Raconté comme ça, ce roman au titre énigmatique va vous paraître morose et pourtant Jean-Claude Lalumière m’a fait hurler de rire avec ses mésaventures d’homo diplomaticus mis au placard. Que voulez-vous, ça s’appelle le talent : réussir à rendre tout épisode ministériel digne d’un gag de Buster Keaton et à donner de la couleur au marron de la vie salariale.

   Par l’évocation bien sentie de ses souvenirs d’enfance, entre tyrannie maternelle, mélancolie et petites humiliations scolaires, le narrateur crée en contrepoint des éclats de rire, une douce nostalgie poignante.

Un roman très attachant sur une certaine « normalité » occidentale.

Agathe et La libellule bleue ont ri elles aussi.

Jean-Claude Lalumière, Le front russe, Le Dilettante, 2010. 252 p., 17 €. Illustration de couverture : Lucia Di Bisceglie.