beckett    Aller au théâtre, pour moi, c’est aussi pour découvrir des textes. Ainsi, cette année, lorsque j’irai au théâtre, la plupart du temps, je n’aurai pas lu le texte, pour avoir le plaisir de le découvrir sur scène et de le lire (ou pas) ensuite. Ce choix est aussi un pari puisqu’il me faut faire confiance aux comédiens : le texte doit être audible au risque sinon de me retrouver sur le bas-côté de la route.


   Aujourd’hui, j’ai vu Adriana Asti jouant la Winnie de Beckett dans une mise en scène de Robert Wilson au Théâtre de l’Athénée à Paris et il y a toute une partie du texte que je n’ai pas comprise…Est-ce l’accent italien de la comédienne, est-ce son phrasé ? Sa voix, pourtant amplifiée par un micro, n’est pas toujours parvenue jusqu’à moi.


Rendez-vous à moitié manqué avec le texte de Beckett mais rendez-vous plus sûrement raté avec la mise en scène de Robert Wilson : je lis que les lignes épurées et le noir et blanc sont sa marque de fabrique. Il y a bien sûr quelque chose de hiératique et d’écrasant dans ce mamelon asphalté sur fond blanc éclairé au néon mais j’y ai vu une esthétique marquée « années 80 » qui m’a laissée de marbre. Voilà donc un spectacle qui me donne très envie de lire le texte publié chez Minuit pour mieux le découvrir.


Pour la journaliste du Monde Fabienne Darge « Oh les beaux jours n'est plus qu'une forme vide. On en veut à Wilson d'annihiler ainsi la partition si déchirante, si tragiquement drôle, composée par Samuel Beckett. Oh le triste soir. » Elle remarque par ailleurs le même souci concernant la parole de la comédienne : « Le hic, c'est que le texte et sa musicalité si rare se perdent totalement : Adriana Asti joue en français avec un fort accent italien, qui mange les mots et le rythme. »


Samuel Beckett, Oh les beaux jours, Minuit, 1975. 95 p., 6,40 €.  Mise en scène de Robert Wilson. Avec Adriana Asti et Giovanni Battista Storti. Au théâtre de l'Athénée à Paris du 23 septembre au 9 octobre 2010.