mort   Et que se passerait-il si la mort cessait d’officier ? Sur une idée toute simple mais on ne peut plus féconde, Saramago offre une jolie variation sur l’inéluctable et la destinée de tout être. Car, finalement, cette immortalité si chèrement convoitée par tant d’êtres humains, appliquée à tous, devient un fardeau pour soi et pour la société toute entière. Que faire des vieillards qui ne peuvent plus passer à trépas ? Que vont devenir les pompes funèbres ? Comment parvenir à assumer cette masse toujours plus grande de malades et d’impotents ?

Saramago, avec un humour discret qui fait mouche, nous détourne de la peur de la mort pour nous la faire désirer plus ardemment. Plutôt mourir qu’être un légume éternel !


Après s’être amusé à imaginer les conséquences cocasses de la grève de la faucheuse, Saramago donne chair (ou plutôt « os ») à la Mort, en fait un personnage à part entière et c’est une nouvelle histoire qui s’amorce, une histoire étrange entre la Mort et un violoncelliste qui ne peut (veut ?) pas mourir. Jusqu’au dénouement final qui nous laisse frissonnants et pantelants.


Un roman profond et léger à la fois qui se lit comme un conte ironique.

Ce livre a été lu dans le cadre du Blogoclub consacré aux auteurs ayant reçu le Prix Nobel de littérature. José Saramago a reçu cette distinction en 1998. Pour tous les titres du Blogoclub, le billet de Sylire.

José Saramago, Les intermittences de la mort, Seuil, 2008. 235 p., 20 €. (As Intermitências da Morte). Traduit du portugais par Geneviève Leibrich.  Illustration extraite de Wikimedia Commons : Martin van Maële.