orphelinMaman revient pauvre orphelin est sous-titré « chanson » : ironie quand on prend en pleine figure toute la souffrance qui traverse ce texte. Une litanie plutôt, une plainte atroce. Grumberg a supprimé toutes didascalies et indications de personnages, ce qui donne une grande liberté de ton au texte. Qui parle ? Une voix, jeune et vieille à la fois, une voix intense et suppliante qui cherche un réconfort qui ne vient jamais. Cette voix n’est pas seule et se superpose à d’autres : cette superposition des voix donne un texte virevoltant qui s’enfonce dans le désespoir. Une plainte universelle face à la guerre et à la douleur qui subsiste éternellement, incarnée dans un texte sec et dérangeant.


   Les textes suivants dénoncent l’avidité de la télévision à tout transformer en cirque émotionnel. Tout devient divertissement, même les horreurs absolues qu’a connues le XXe siècle. Grumberg utilise des formes très courtes et adopte un ton volontiers tragi-comique mais ces différentes commémorations restent glaçantes et nous interrogent sur notre rapport à l’Histoire.


Jean-Claude Grumberg, Maman revient pauvre orphelin suivi de Hiroshima commémoration, Nagasaki commémoration, Commémoration des commémorations, A qui perd gagne, Actes Sud-Papiers, 1994. 73 p., 13 €.

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