_cole    Les grandes écoles ont beau faire partie du paysage français, elles n’en restent pas moins inconnues à ceux qui ne les ont pas fréquentées. Jean-Marie Besset place l’action de sa pièce au sein de l’un de ces fabriques de l’élite, en décrivant les premiers jours d’une poignée de jeunes gens sur leur campus. Selon Besset dans son introduction, ces moments sont ceux d’un flottement dans les carrières de ces élèves brillants, moments où certains possibles se dessinent avant la retombée définitive dans la voie toute tracée de l’excellence.


   Paul, l’un de ces étudiants, issu de la petite bourgeoisie (car dans les élites aussi, il y a des hiérarchies), a selon ses camarades, besoin de « tout décortiquer ». Ses œillères tombent et le voilà qui remet en cause cette élite à laquelle il s’efforce d’appartenir. Dès lors qu’il analyse ce monde de futurs dirigeants, il s’en exclut et devient incompréhensible pour ses proches. Le monde extérieur s’infiltre dans le cocon de la grande école par le biais d’un fait divers banal et violent et entraîne Paul vers cet extérieur inconnu et méprisé. Le bouleversement et la remise en cause se fait aussi par la sexualité.

   Grande Ecole met à nu la morgue et la fatuité qui animent ces étudiants et la violence sociale qu’elles engendrent. De nombreux questionnements traversent la pièce et mettent les personnages constamment sous tension. Une photographie sombre et froide des rapports humains.

Jean-Marie Besset, Grande Ecole, Actes Sud-Papiers, 1995. 73 p.

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