grand   Marc est de ceux qu’on ne remarque pas, qui ne posent pas de problèmes. Alors le jour où il embarque sa fille Anne, habituellement domiciliée dans un hôpital psychiatrique, personne n’y prend garde. Pourtant, tout peut alors arriver. Car Anne et Marc cèdent à l’appel du « grand loin » : « Loin…Il n’y avait jamais été. Il se demanda à quoi ça pouvait ressembler. A rien, sinon, ça ne serait pas si loin. Loin tout est différent, incomparable, une découverte de chaque instant. » p. 39.

   Mais le loin, peut-on le trouver sur une carte géographique ? Est-ce que cela porte un nom ? Une fois qu’on veut aller le voir de plus près et qu’on abandonne son quotidien, difficile de revenir en arrière…


   Pascal Garnier a le chic pour croquer des personnages tellement normaux qu’ils en deviennent inquiétants. On sent alors la folie de cette normalité brutale et pesante qui veut en finir avec elle-même. Car, même dans un paysage idyllique, les personnages de Garnier verront toujours ce qui cloche, ce qui rappelle l’absurdité de l’existence, la laideur du monde. « L’endroit était charmant. Le courant charriait des débris de polystyrène […] et, au loin, une tronçonneuse décapitait quelques arpents de forêt. » p. 99.

   Sinistre ? Non, car l’humour noir est toujours présent et parvient à nous garder la tête hors de l’eau.


Un roman qui se boit comme du petit-lait…avec un arrière-goût aigre et pourri !


D'autres lecteurs qui sont allés loin : Cathe, Laurent, Cuneipage.


Pascal Garnier, Le Grand Loin, Zulma, 2009. 157 p., 16,50 €. Couverture : David Pearson.