brotchen   Voici une courte fable sur l’envie sous toutes ses formes : gourmandise, convoitise et désir. Parce que le narrateur aime trop les brötchen de son boulanger (le brötchen est un petit pain allemand dont la seule description vous donne envie de sauter dans le premier Thalys pour Cologne !), le voilà plongé dans une mécanique de l’absurde dont il n’est pas certain de ressortir gagnant.


   Ecrite en 1981, cette histoire semble bien être une métaphore du système politique de l’ancienne RDA : faux-semblants, absurdité, passe-droits et débrouillardise en constituent les principales caractéristiques. Les habitants des pays de l’Est coincés derrière le rideau de fer avaient souvent le rire comme ultime rempart et cette mésaventure boulangère rappelle les histoires drôles sur les nombreuses défaillances des objets du quotidien (Trabant, Fiat Polski…).


A croquer en une seule bouchée !


D'autres gourmands : Cécile, Pages à pages, Lau...


Hermann Kant, Parfois les brötchen croquent sous la dent, Autrement, Littératures, 2009. (Der dritte Nagel). Traduit de l'allemand par Leïla Pellissier et Franck Sievers. 37 p., 7,50 €. Illustration de couverture : Moodboard/Corbis.