_pic    Une maîtresse des épices connaît leur pouvoir surnaturel et les utilise à dessein pour soigner les maux des simples mortels. Tilo est l’une d’elles : dissimulée sous le corps d’une vieillarde, elle trône au sein d’une antique boutique d’épices indiennes en Californie. Chagrin, humiliation, problèmes familiaux : le pouvoir des épices est grand mais Tilo ne doit pas l’utiliser pour son propre compte. Être magicienne, oui, mais renoncer à la vie des mortels : ne pas sortir, ne pas toucher ses clients et surtout, surtout, ne pas  aimer sous peine de mort. Alors, le jour où l’amour frappe à sa porte, c’est dire si la situation devient dangereuse pour Tilo.

   

   Divakaruni entraîne le lecteur dans un conte indien sensuel où les senteurs des épices enivrent et font voyager. Chatoyante comme un sari de fête, colorée comme le curcuma et puissante comme le piment, la langue de l’auteur charrie dans son sillage des dizaines d’histoires. Il y a celle de Tilo évidemment, qui doit accepter la destinée qu’elle a ardemment désirée. Il s’agit là d’un roman de la vocation, exigeante et cruelle.

   Puis il y a toutes les histoires qui viennent se mélanger dans la boutique comme les épices dans un curry : portraits et destins d’immigrés indiens qui sont autant d’instantanés des souffrances de l’exil.

   Enfin, ce roman est aussi celui des cultures indiennes à travers les traditions qui se heurtent à la modernité, le vocabulaire (glossaire costaud fourni !), les histoires légendaires des épices et la cuisine aussi.


Un beau conte épicé où l’héroïne doit trouver sa place dans le vaste monde.


Les avis de Bellesahi, Le livraire, Florinette.


Chitra Banerjee Divakaruni, La maîtresse des épices, Editions Philippe Picquier, 1999. Edition de poche : 2002. Traduit de l'anglais par Marie-Odile Probst.  Poche : 346 p., 8,50 €.