Cette nouvelle année commence, blogeusement parlant, dans un cul-de-sac. J’y ai été acculée, et n’en suis ressortie qu’une fois le livre fini, lu d’une traite.

   Ce polar est surprenant au regard de ce qu’a écrit Kennedy par la suite : sur le chemin du succès, l’énergumène a lâché un peu de son talent et a surtout largement édulcoré son style ! La traduction n’est pas toujours mirobolante (à ce propos, Cul-de-sac est ressorti récemment en grand format chez Belfond dans une nouvelle traduction et même sous un nouveau titre, Piège nuptial : je suis curieuse d’y jeter un œil !) mais l’écriture en a sous le coffre ! Tout comme l’histoire, petit bolide brûlant qui fonce à travers le désert australien et qui nous laisse haletant et poisseux une fois que l’enfer s’éloigne enfin.


   Difficile de résumer ce roman noir nerveux sans déflorer ce qui en fait le sel : sachez juste que le narrateur est un journaliste américain qui veut s’offrir entre deux boulots insipides, une virée d’aventurier sur les routes australiennes. Mais l’outback n’est pas précisément accueillant et les énergumènes qui le peuplent ont de vilains airs dégénérés.

   Ce premier roman a aussi parfois une allure un peu bancale, qui le rend attachant mais, quoi qu’il en soit, sa fougue et son jusqu’au-boutisme nihiliste le sauve allègrement.


Une histoire très noire, sans morale, invraisemblable comme un cauchemar.


Un coup de coeur pour DeL de Bookophiles et pour Cathe, un livre facile à lire et cinématographique pour Clarinette, un bon roman noir pour Allie.


Douglas Kennedy, Cul-de-sac, Gallimard, Série Noire, 1998. (The Dead Heart) Traduit de l'anglais par Catherine Cheval. 260 p., 7,65 €.

Nouvelle traduction : Douglas Kennedy, Piège nuptial, Belfond, 2008. Traduit de l'anglais par Bernard Cohen. 265 p + 1 DVD, 23 €.