334px_Sitting_Bull   Philippe Sauve a effectué 3000 km en canoë sur le Missouri, à travers le Montana et le Dakota . Pour lui, le voyage est une thérapie qui lui permet de se débarrasser des addictions du citadin (écrans en tous genres), de combattre certains maux de la société moderne (indifférence, sédentarité). Devenir un rat des rivières pour un temps serait à son avis un bon moyen pour tout citadin de se reconnecter aux choses essentielles et de constater que la plupart du confort matériel qui nous entoure est superflu.


   Seulement sa thérapie et son cheminement intérieur ne se font pas sans mal puisque le Grand Boueux, tel qu’on surnomme le Missouri n’est pas toujours tendre avec lui : tempêtes, difficultés de navigation et même parfois paysages mornes à cause du nombre important de barrages sur le fleuve. Philipe Sauve est parfois écœuré par son propre projet et veut même abandonner.


   Mais le voyage aux États-Unis a pour lui un autre attrait : rencontrer les Amérindiens. C’est là le principal intérêt de son récit puisqu’il va notamment pénétrer dans des cérémonies secrètes et nous livrer quelques clefs pour comprendre la civilisation amérindienne. L’ethnocide dont ont été victimes les peuples indiens est évidemment largement évoqué et l’on sent toute la colère de Sauve. Il noue néanmoins de très bonnes relations également avec les Américains et fait tout au long de son voyage quelques rencontres atypiques ou chaleureuses.


Une épopée risquée sur le Missouri et une première approche intéressante des peuples amérindiens.


Philippe Sauve, Horizon Dakota : en canoë sur la rivière sacrée à la rencontre de la nation Sioux, Presses de la Renaissance, Esprit de voyage, 2009. 221 p., 16,90 €. Photographie : Sitting Bull portrait, 1885. Photograph by David Frances Barry (1854-1934).