nullabor   Pour certains, le voyage est une quête, un moyen de se rencontrer soi-même. Pour d’autres, il est une fuite en avant, une recherche extrême, sans but défini à l’avance. Pour ceux-là, il y a Nullarbor (tout est dans le nom !), un enfer terrestre tout en désolation, moiteur et solitude.

   Nullarbor est une vaste plaine de l’ouest australien, peuplée de freaks, de paumés, d’illuminés qui ont peut-être quelque chose à y gagner, beaucoup à y perdre. David Fauquemberg s’y plonge sans états d’âme, ni ambitions, si ce n’est aller toujours plus loin. La plaine traversée, le voilà embarqué pour un autre cauchemar, maritime celui-ci : désargenté, il part pour une campagne de pêche au thon qui se transforme en boucherie d’une violence irréelle et nauséeuse. Enfin, il échoue chez les Aborigènes et devient le protégé d’Augustus, ancien hippie, ancien de la guerre du Vietnam.


   Le récit entier a des allures de bad trip qui s’adoucit quelque peu au contact des « Abo ». Mais les côtoyer revient à s’affranchir de ses propres codes culturels. Les Aborigènes lisent et comprennent le paysage avec une acuité inégalable et ils sont tellement imprégnés par leur environnement que l’on atteint vite un autre degré de conscience et par là même de réalité. Le monde est nimbé d’une aura surnaturelle, étrange et déroutante, à l’image de ce récit atypique.


Une expérience hors-limite dans une Australie ancestrale et inquiétante.

L'avis tout aussi positif de Bartllebooth.


David Fauquemberg, Nullarbor, Hoëbeke, Collection Etonnants voyageurs, 2007. 186 p., 18 €. Photo de couverture : DR. Couverture : Massin.