aventuresenloireLe dépaysement et l’aventure ne sont pas seulement l’apanage des grandes expéditions à l’autre bout du monde : Bernard Ollivier qui a parcouru à pied la route de la soie (cf Longue marche, 3 tomes chez Phébus) se lance dans un périple a priori plus modeste mais au final tout aussi riche en rencontres, surprises et beautés. A 70 ans passés, le voilà fiancé au plus long fleuve de France, du Mont Gerbier-de Jonc à Nantes, pour six semaines, tout d’abord à pied puis à bord d’un canoë malicieusement baptisé « Canard ».


   Le baroudeur infatigable s’interroge sur son état et sur la vieillesse qui, bien plus que la mort, l’effraie. Cette avancée en âge l’empêchera-t-elle de dépenser sa folle énergie ? Le corps renoncera-t-il quand l’esprit est encore fougueux ? Voyager, seul de surcroît, est une façon de se mettre à l’épreuve et de ne pas laisser gagner la vieillesse. Puis, on a beau avoir 70 ans, on a encore bien à apprendre quand on n’a jamais manié la pagaie auparavant ! « De toute façon, arrivé à Nantes, tu sauras tout. » comme le dit un moniteur de kayak à Retournac !


   Pour Bernard Ollivier, le voyage se fait seul pour mieux rencontrer les autres. Voyager sur la Loire ou la route de la soie, c’est lier des amitiés, découvrir les autres et se nourrir de leur chaleur. Donner et recevoir et ce, dans un pays de sédentaires où l’on dit que l’hospitalité a disparu : les ligériens prouvent le contraire tout au long du parcours et donnent l’occasion à Bernard de croquer de jolis portraits de passionnés de pêche, de navigation, d’histoire, de vins…sans oublier les amoureux de la Loire ! Après tout, c’est bien elle la vedette de ce livre et à l’issue de cette lecture, on en sait un peu plus sur un fleuve sauvage, capricieux, changeant et majestueux.


Une belle aventure humaine rythmée par les amitiés et les eaux ligériennes.


« […] celui qui fait le voyage doit en assumer tous les choix. » p. 29

« L’aventure est dans la manière du voyage plus que dans le lieu. » p. 252

« Non, ce qui me fait chanter dans les bourrasques, c’est la joie partagée avec ces femmes et ces hommes qui en m’offrant l’hospitalité ont compris, mieux que moi sans doute, que la seule valeur qui vaille, la seule richesse qui ne sera jamais cotée en bourse car elle est inestimable, c’est la relation humaine, l’ouverture à l’autre, le partage, d’un verre de vin ou d’un morceau de pain, l’amitié offerte sans contrepartie. » p. 172


Celles et ceux qui sont montés à bord du canoë : Dominique, Cathulu, Saraswati, Le Corbeau 78.

Bartllebooth, lui est resté sur la rive et a trouvé cette descente de la Loire bâclée.


Bernard Ollivier, Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Phébus, 2009. 265 p., 17 €.