ordalie   Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale en Europe, Ilse et Lenz sont deux êtres hors du commun taraudés par leur génie poétique et leur vision personnelle d’un monde qui ne s’accorde pas avec leur sensibilité. Ilse et Lenz s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. Ilse et Lenz sont les doubles d’Ingeborg Bachmann, artiste autrichienne et de Paul Celan, poète né en Bucovine et s’exprimant en allemand. Ordalie est selon le mot même de Cécile Ladjali un palimpseste de leurs œuvres.

   

   Cette histoire d’amour impossible est racontée par Zak, le cousin d’Ilse qui en est amoureux fou. Et c’est bien là peut-être le principal problème de ce livre : en effet, ce procédé narratif nous éloigne non seulement du sentiment amoureux des deux artistes mais également de la genèse de leur travail poétique. Tout cela paraît bien distant et l’empathie n’est guère possible.

   Zak est de surcroît un narrateur antipathique, autrefois fasciné par le nazisme et qui n’éprouve aucun sentiment de repentance. Il passe des années à se complaire dans une fascination délétère envers sa cousine qui lasse et paraît peu crédible.

   Pour finir, la langue de Ladjali est toute entière marquée par son érudition classique : son style est recherché, précieux et parfois trop maniéré. En définitive, Ordalie est écrasé par le poids de ses modèles et des (trop ?) nombreuses références qui parsèment le texte.

Avis contrastés dans la blogosphère! Les enthousiastes : Sabine, Lilly, Lou, la mitigée : Stephie, les déçues : MaliceBellesahi...dont je fais partie!

Cécile Ladjali, Ordalie, Actes Sud, 2009. 201 p., 18 €.