sens_famille   Le sens de la famille est le récit autobiographique d’une enfant adoptée, fruit d’une liaison adultérine entre un homme marié, d’âge mûr et une jeune fille. L’enfant fut abandonné et finalement adopté par un couple d’universitaires juifs new-yorkais. A l’âge de 30 ans, après avoir fantasmé pendant des années sur ses parents inconnus, A.M.Homes voit surgir brutalement sa mère biologique.

   Le portrait qui en est fait ressemble au rêve américain qui aurait tourné au cauchemar : se comportant comme une petite fille, la mère est une paumée dépressive dont la vie a été gâchée par l’abandon de sa fille. « Après 31 ans, elle est revenue réclamer la vie qu’elle n’a jamais eue. » au point de devenir complètement intrusive dans la vie de sa fille.

   Le père, quant à lui, n’a pas changé d’un pouce et se comporte toujours en égoïste qui protège son confort familial. Le contraste entre la famille adoptive et les parents biologique est tel qu’il dessine deux visions de la société américaine, deux mondes qui n’ont tellement rien à voir qu’ils ne peuvent communiquer. A.M.Homes dissèque les effets dévastateurs de cette schizophrénie entre le biologique et l’éducatif. Sa vie s’en trouve bouleversée puisqu’elle se sent longtemps dépossédée de sa propre existence.


Elle en fait un récit quasiment psychanalytique, parfois impudique, toujours étonnant et passionnant.


Cathe a aussi aimé mais Cathulu juge l'expérience trop intime pour pouvoir aimer ou pas...


A.M. Homes, Le sens de la famille, Actes Sud, Lettres américaines, 2009. (The Mistress's Daughter). Traduit de l'américain par Yoann Gentric. 234 p., 19,80 €.