30 juin 2009
Antoine Bello, Les falsificateurs, Gallimard, Blanche, 2007.
Les
falsificateurs est un
livre qui ne ressemble à aucun de ceux que j’ai pu lire dans ma petite vie. Le
postulat de départ est pour le moins surprenant d’autant plus que l’intrigue se
situe dans notre monde : une organisation secrète aux ramifications
mondiales appelée le Consortium de Falsification du Réel (CFR pour les intimes)
a pour mission de falsifier certains pans de la réalité. Ainsi, certains
événements connus de tous, comme l’envoi par les russes de la chienne Laïka
dans l’espace, n’ont jamais eu lieu dans la réalité mais ont été inventés de
toutes pièces par le CFR. Très bien, mais pourquoi falsifier le réel ? Le
roman n’apporte pas de réponses et bien pire, les dirigeants du CFR n’informent
pas leurs agents de la finalité du CFR. De quoi piquer notre curiosité !
Une fois accepté ce postulat (ce qui, en soi, n’est pas évident tant l’idée de
falsification peut paraître improbable, voire invraisemblable), le lecteur est
plongé dans un récit à la mécanique parfaitement huilée. Impossible de lâcher
le livre tant la falsification du réel peut se révéler palpitante, ludique et
intrigante. En effet, tous les domaines de la connaissance sont susceptibles
d’être falsifiés : Antoine Bello est parvenu à faire de son livre un
puissant réservoir d’histoires, qui, parfois, à elles seules pourraient faire
l’objet d’un roman. Les falsificateurs
est un éloge vibrant à l’imaginaire et au pouvoir des mots, des histoires et
des légendes parfois plus importantes pour les esprits que les faits bruts.
De
plus, décrire le fonctionnement du CFR par l’intermédiaire de Sliv, jeune
recrue islandaise, est également l’occasion de décrire le monde du travail tel
qu’il peut être dans n’importe quelle entreprise multinationale :
concurrence farouche, méthodes parfois expéditives, lourdeurs hiérarchiques
pénibles, etc.
Un roman absolument brillant qui fait la
part belle à l’imaginaire.
La suite des Falsificateurs, Les éclaireurs est sorti, toujours chez Gallimard, en février dernier.
L'avis de Keisha qui a également beaucoup aimé et qui attend de lire la suite avec impatience!
Antoine Bello, Les falsificateurs, Gallimard, Blanche, 2007. 501 p., 21 €. Existe en Folio à 8,60 €.
Commentaires
Comme je le dis partout en ce moment (à cause de la réédition en poche), ce premier tome est une très grande réussite et le second une tout aussi grande déception...
j'ai presque terminé le tome 2, je fatigue un petit peu à certains endroits, mais je le terminerai sans souffrances quand même!
interessant, je note
Soupir...
#SBM et Keisha : vous anéantissez mes espoirs à propos des éclaireurs! J'y jetterai tout de même un oeil.
#Pom' : un moment passionnant de lecture!!
ça m'intrigue cette histoire :-)
Intrigant...
C'est vraiment le mot pour décrire cette histoire! surprenant et passionnant aussi!!!
Oulala tu parles très bien de ce livre mais il me fait peur quand même! Cela dit ça devrait plaire a mon arabe...
#Aurélilélé : ce livre est fou!! J'ai adoré! Effectivement quand ton F. sera revenu de son périple, il pourrait apprécier ce genre de choses!
Bonjour, j'ai lu les deux romans à la suite (voir mon billet du 31/05/09) et je partage ton enthousiasme. La fin des "éclaireurs" est un peu décevante concernant la résolution de la finalité du CFR mais cela ne gâche en rien le plaisir de la lecture. C'est très bien écrit. Bonne après-midi.
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