Regardez bien la couverture de Rêve 78 : c’est cette photo qui a inspiré à Hafid Aggoune ce court texte, c’est cette photo qui a tenu lieu de madeleine. Le fil des souvenirs se déroule et le petit garçon de la photo s’anime. Rêve 78 est le récit d’une déchirure, d’une absence : tout petit, ce garçon à la casquette est arraché à sa mère pendant deux ans pour être confié à la famille algérienne. Là-bas, personne ne parle la langue maternelle, personne ne montre d’affection pour lui. C’est le père, un « monstre », qui est à l’origine de cette blessure. Comment alors, devenir papa à son tour ?

  Dans ce texte manifestement autobiographique, Hafid Aggoune raconte son amour de la littérature, des femmes et en premier lieu de sa mère car ce sont elles qui l’ont sauvé après ce traumatisme enfantin. Par ce texte intimiste, il se met à nu, répare sa mémoire et peut alors envisager sa propre paternité. On le voit, l’écriture fonctionne comme un baume : Rêve 78 tient plus du journal intime dévoilé que du roman, ce qui peut au choix toucher le lecteur ou le laisser extérieur au récit.

Le beau commentaire de Kenza sur son blog Un thé au jasmin.

Hafid Aggoune, Rêve 78, J.Losfeld, Littérature française, 2009. 63 p., 9,50€