Autant le dire tout de suite : je suis une fan de Joanthan Coe ! J’ai lu tous ses livres et Testament à l’anglaise fait certainement partie de l’hypothétique Top Ten de mes livres préférés ! C’est dire si j’attends avec impatience chacune de ses publications. Et, ô grand malheur, le torchon brûle entre Coe et moi ! Le cercle fermé qui faisait suite à Bienvenue au club m’avait déjà un peu déçue et aujourd’hui, je referme La pluie, avant qu’elle tombe les yeux secs et le cœur peu joyeux.
   De  Coe, j’aime sa causticité, son humour ravageur, sa capacité quasi-innée à mêler l’intime à l’histoire de la Grande-Bretagne. Et là, dans ce roman, je n’ai pas retrouvé l’alchimie qui me réjouissait tant. Mais de quoi s’agit-il ?
   Trois générations de femmes sont racontées à travers le regard d’une narratrice, Rosamond, qui vient de mourir. Celle-ci a enregistré une sorte de confession sur cassettes audio où elle parle bien peu d’elle mais beaucoup de ces trois femmes (des cousines) qui ont considérablement marqué sa vie.
   Tout d’abord, il y a Beatrix qui a exercé une forte attraction sur la Rosamond enfant à tel point qu’elles devinrent « sœurs de sang ». Puis, il y a Thea, la fille de Beatrix, que Rosamond a élevée durant une partie de son enfance. En fin d’arbre généalogique, on trouve Imogen, la fille de Thea, à qui est destiné le monologue de Rosamond sur cassettes. La pluie, avant qu’elle tombe est donc la chronique d’une famille soumise à un destin assassin : en effet, chacune de ces femmes a été victimes de maltraitances psychologiques ou physiques et le reproduit sur sa progéniture. Face à cette désolation, Rosamund reste impuissante mais essaie tout de même de contrecarrer les plans du Destin, cette méchante mécanique qui broie les individus.

   

   Bref, rien de très original. J’avoue que, parfois, j’aime bien quand mes amis ou certains membres de ma famille me racontent des histoires familiales toutes plus incroyables, édifiantes et passionnantes les unes que les autres. (Souvent, ces histoires m’intéressent parce que j’en connais les protagonistes.) Mais pour qu’une famille de papier arrive à m’intéresser à ses tracasseries quotidiennes et ses malheurs sordides, il faut aller plus loin que la psychologie de comptoir et le sensationnel larmoyant. Pour moi, Coe n’a pas vraiment dépassé ce stade sauf dans quelques rares scènes où je retrouve ce qui m’a tant plus autrefois dans ses récits.
   Quoi qu’il en soit, le livre se lit d’une traite grâce au style fluide et oral du monologue de Rosamond et l’aspect « famille à travers les âges » peut faire penser à une série télévisée agréable à suivre. (Ceci dit sans mépris de ma part !) Je me suis gardée de lire les critiques littéraires avant ma lecture mais j’ai cru comprendre que ce livre avait été apprécié.
Quant à la blogosphère, j'ai trouvé la critique élogieuse de Lily sur son blog Lily et ses livres. Sur le blog d'Au fil des livres, vous trouverez en revanche un avis similaire au mien (sachant que LN, elle, l'a lu en VO!).


Jonathan Coe, La pluie, avant qu'elle tombe, Gallimard, Du monde entier, 2009.  (The Rain Before It Falls). Traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin. 248 p., 19 € 50.