Julia est restauratrice de tableaux à Madrid. Elle vient de s’atteler à la restauration de La Partie d’échecs de Pieter Van Huys, un tableau flamand du 15 ème siècle lorsque l’examen de la toile aux rayons X révèle une mystérieuse inscription : « Quis equitem necavit » qui peut se traduire par « Qui a tué le chevalier (ou cavalier) ? » ou par « Qui a pris le chevalier ? ». Persuadée d’être face à une énigme que lance le peintre à qui pourra voir cette question cachée, Julia se lance dans l’enquête en compagnie notamment de César, un antiquaire dandy qui lui tient lieu de père spirituel.
   Seulement, ce qui s’annonçait comme une réjouissante aventure tourne vite au drame : un historien de l’art qui a aidé Julia dans ses recherches est retrouvé assassiné. La jeune restauratrice comprend alors que ce qui se joue dans le tableau trouve un équivalent macabre dans la réalité.

   C’est précisément cet aspect du roman qui est le plus réussi : la construction de l’intrigue. Pérez-Reverte mêle en effet différents niveaux : ainsi, la partie d’échecs représentée sur le tableau se doit d’être jouée en réalité pour connaître les intentions de l’assassin. Ce dernier considère la réalité comme une grande partie d’échecs où chaque être humain est assimilé à l’une des pièces de l’échiquier. L’intrigue navigue donc entre mises en abyme et reflets de miroir en restant toujours limpide et compréhensible. Il est d’ailleurs tout à fait curieux de constater que l’on comprend le déroulement de la partie d’échecs sans jamais y avoir joué de sa vie !

  Néanmoins, au-delà de la construction du récit, Le tableau du maître flamand m’a quelque peu laissée sur ma faim : je dirai que le style de Pérez-Reverte  dans ce livre est pour moi trop plat, trop lisse. Vu le sujet, je m’attendais à une écriture plus dense et du coup, je me suis un peu ennuyée par moments. Mais cela n’enlève pas grand-chose à la qualité générale de ce roman assez facile à conseiller (sauf aux lecteurs qui viennent d’arrêter de fumer ! c’est peut-être un détail mais les personnages allument clope sur clope et ce, à toutes les pages !)

Florinette a été emportée par ce roman! Philippe Dornbusch est joueur d'échecs et vous pourrez lire sa critique sur son blog Chess & Strategy : un blog intéressant d'ailleurs si vous cherchez d'autres romans qui parlent d'échecs.

Arturo Pérez-Reverte, Le tableau du maître flamand, Lattès, Suspense & cie, 1993.  Traduit de l'espagnol par Jean-Pierre Quijano. 305 p., 20 €. Paru en poche au Livre de poche, 6 €.