Publié en 2004, Le mystère Giotto est le cinquième titre d’une série de policiers se déroulant dans le milieu des marchands et collectionneurs d’art. De Giotto le peintre, il n’est pratiquement pas question ici, puisqu’il s’agit du surnom que le Général Bottando du Service de la protection du patrimoine artistique a donné à un voleur génial.

   Depuis une trentaine d’années, le mystérieux Giotto officie à la barbe des différentes polices du monde en réussissant à dérober des toiles de la Renaissance sans jamais se faire prendre. Un nouvel élément remet l’enquête en marche alors même que l’affaire Giotto semblait condamnée à prendre la poussière dans le tiroir des affaires non résolues. Les soupçons se portent sur un marchand d’art anglais.

   

   L’enquête va donc se dérouler conjointement en Italie et en Grande-Bretagne, ce qui donne l’occasion à Pears de porter un regard férocement amusé et impitoyable sur ses compatriotes. Les Anglais souffrent particulièrement de la comparaison avec les Italiens puisqu’à entendre Pears, l’Italie n’est rien moins que le Paradis sur terre et quant à la Grande-Bretagne…eh bien, c’est presque l’Enfer ! Je ne résiste pas au plaisir d’une petite citation (l’un des personnages est dans un pub et cherche un endroit où manger) : « Il jet[a] un coup d’œil alentours, à la recherche de rations de survie, au cas où…Hélas ! tout était en boîte, avait été surgelé des années-lumière auparavant ou était recouvert d’une mince couche de poussière. […]Dites-moi, demanda-t-il à la vendeuse-belle illustration à ses yeux, du danger des mariages consanguins et des mauvais régimes alimentaires-y-a-t-il un hôtel dans les parages ? » (p. 94). Tout est à l’avenant et pour moi qui aime beaucoup la Grande-Bretagne et qui y passe même des vacances, j’ai beaucoup ri. 

   

   Cette enquête est également une plongée instructive dans les arcanes du monde de l’art où l’on voit que l’amour de l’art n’est qu’un atout mineur dans les transactions marchandes. Pears, quant à lui, est un vrai spécialiste, un érudit dont la passion est communicative. Un agréable moment de lecture et un policier à conseiller aux lecteurs qui ne supportent pas la violence et les meurtres sanglants.

Iain Pears, Le mystère Giotto, 10/18, Grands Détectives, 2004. 345 p., 7€90. Traduit de l'anglais par Georges-Michel  Sarotte. Première publication en France chez Belfond en 2004 également.