Le titre sonne sans aucun doute comme un appel aux lecteurs fidèles de Maupin : Michael Tolliver, l’un des héros des fameuses chroniques de San Francisco, est vivant. Séropositif, il a survécu et a même rencontré l’amour de sa vie, Ben, de vingt ans son cadet. Seulement, tout n’est pas si rose sous le ciel de San Francisco puisque la mère « biologique » de Ben vit ses derniers jours tandis que sa mère « logique » (entendez par là, « mère spirituelle »), Anna, tombe dans le coma à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Michael doit alors choisir quelle famille privilégier. Se sent-on plus proche de notre famille naturelle qui nous a été imposée ou de notre famille de cœur constituée d’amis soigneusement choisis ? La question se pose d’autant plus lorsque, comme Michael, nous faisons des choix de vie qui ne siéent pas à une logique normative.

 

   La situation du couple de Michael est également l’occasion de s’interroger sur les conséquences d’une grande différence d’âge entre les partenaires : si Michael venait à tomber plus malade qu’il ne l’est, peut-il imposer sont état à un homme encore jeune et en pleine santé ? Vient également la question de la fidélité : Ben estime que la fidélité sexuelle absolue est intenable. Un marché s’établit alors : chacun peut avoir des relations extraconjugales, nécessaires à l’assouvissement des fantasmes, tout en gardant une forte harmonie spirituelle et sexuelle au sein du couple.

 

  Ce dernier épisode des chroniques est également l’occasion de dresser le portrait d’une Amérique contemporaine contrastée au point d’en devenir quelque peu manichéenne. La lecture demeure plaisante néanmoins et me donne envie, à moi qui n’ai pas lu les six autres tomes, de les découvrir.

Armistead Maupin, Michael Tolliver est vivant, Editions de l’Olivier, Littérature étrangère, 2008. Traduit de l'anglais par Michèle Albaret-Maatsch.  20€