Angleterre, fin XIXème siècle : Samuel Godwin, jeune peintre fraîchement diplômé est engagé par Ernest Farrow, un riche veuf, pour tenir le rôle de professeur de dessin auprès de ses deux filles, Marianne et Juliana. Au sein d’un domaine à première vue enchanteur, Samuel va être confronté à une atmosphère lourde de secrets familiaux.

   

   Lorsque l’on regarde un lac, on voit tout d’abord une surface calme et plate. Puis lorsque l’on s’approche de la surface et que l’on se penche, on voit toute une vie insoupçonnée grouiller. Du calme rassurant peut naître l’inquiétude et même l’effroi. Cette métaphore bien connue et à nouveau employée dans cet ouvrage résume non seulement l’ambiance qui règne dans le domaine mais également les épreuves que Samuel va devoir surmonter.
   

   De Pierre et de cendre cherche manifestement à s’inscrire dans la lignée de certaines romancières anglaises du XIXème siècle et il faut admettre que tous les ingrédients sont réunis : une bâtisse isolée et nichée dans un parc immense, une aristocratie délétère qui entretient des rapports troubles avec sa domesticité, deux jeunes sœurs aux caractères contrastés mais toutes deux bien fragiles, un jeune homme qui fait ses premiers pas dans le monde…
   

   Malgré quelques maladresses de narration ou de style, le pari semble gagné à l’issue de la lecture. Même si l’effet premier de ce texte est de recréer une ambiance typiquement anglaise et mystérieuse, l’intrigue n’en est pas pour autant négligée et s’avère fort bien construite. Elle parvient en tous cas à tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Linda Newbery, De pierre et de cendre, Phébus, 2008. Traduit de l’anglais par Joseph Antoine. 512 p., 23,50 €.