Dans la chaleur estivale de Bologne, Giorgia Cantini, detective privée, traîne son spleen et enquête sur la disparition de Vanessa Liverani, une call-girl de luxe. Par l'intermédiaire des proches et des poèmes de Vanessa, Giorgia part à la rencontre d'une femme mélancolique et fascinante.

   Une enquête policière en demi-teinte où toutes les nuances de la tristesse sont habilement déclinées. Au malheur sordide des prostituées répondent les difficultés existencielles de Giorgia, éternelle adolescente rebelle, bien résolue malgré ses 40 ans, à ne pas céder aux sirènes d'une vie rangée. La détective, qui n'aurait retenu du rock'n'roll que ses clichés, enchaînent amours déçues et/ou impossibles, amitiés viriles, bières et cigarettes. On touche ici aux limites de ce polar, puisque le personnage de Giorgia accumule les caractéristiques du privé tel qu'on le rencontre dans tout roman noir depuis l'invention du genre. La tentative de renouvellement tient juste au fait que Giorgia est une femme.

   L'intrigue policière et sa résolution, assez classiques et sans surprise notable, restent en arrière-plan pour laisser place aux portraits de femmes écorchées qui vivent leur marginalité dans la souffrance.
   Un polar qui ne révolutionne pas le genre mais qui permet de suivre une privée attachante que l'on imaginerait volontiers en personnage récurrent d'une série. Grazia Verasani s'oriente d'ailleurs peut-être dans cette direction  puisque son premier ouvrage traduit en français Quo vadis, baby? met également en scène Giorgia. A suivre...

Grazia Verasani, Vite et nulle part, Métailé, Suites, 2008. Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza.  219 pages, 10 €.