radioscopie   Un schéma romanesque classique : un homme d’âge mûr, universitaire, est marié à une jeune femme séduisante. Puis, le doute s’installe dans l’esprit du mari, bientôt suivi par le soupçon. Au final, d’indices en preuves irréfutables, le drame conjugal se révèle : la jeune femme trompe son mari dans les bras, fait moins attendu, d’un homme qui lui aussi pourrait être son père. Le mari décide de rencontrer l’amant et, sans préméditation aucune, l’assassine. Commence alors pour le mari une terrible spirale de remords, d’angoisse et de peur. A la seule lecture de ce résumé, on perçoit que l’intrigue de cet adultère n’est pas d’une originalité folle. Seuls deux passages pimentent la lecture : la scène du crime et les efforts désespérés du mari pour se débarrasser du cadavre constituent un moment assez réussi où le rocambolesque le dispute au grotesque. Puis, la fin s’avère particulièrement surprenante. En dehors de ses deux pics d’intensité narrative, la « radioscopie » annoncée n’est pas si subtile ni originale qu’on pourrait l’attendre.

  Pour ma part, c’est bien plus le style que l’histoire qui m’a encouragée à terminer cet ouvrage : on a le sentiment d’être face à une litanie, un texte qui pourrait se lire d’une traite, comme en apnée. Les phrases sont en effet très longues et le discours du narrateur (en l’occurrence le mari trompé) intègre les dialogues sans les différencier. Le texte est ainsi très compact et la lecture se fait très facilement même si ce qui est dit n’est pas particulièrement captivant.

Edna Mazya, Radioscopie d'un adultère, Liana Levi, Littérature, 2008. Traduit de l'hébreu par Katherine Werchowski, 254 p., 19€. Texte paru en 1997, première traduction en français.